le Jeudi 8 Décembre 2022
le Jeudi 15 juillet 2021 15:15 Société

Rencontre avec l’histoire

C’est le 10 juillet dernier que se tenait le 9e Salon de l’arme et du militaria de Lachute, au Marché aux puces lachutois. Organisé par l’Association des collectionneurs d’armes du Bas-Canada, l’événement a attiré quelques centaines de visiteurs et a permis de rassembler un nombre record d’exposants.

Les organisateurs étaient évidemment heureux de pouvoir tenir l’événement alors que Dame Nature était de leur côté en leur offrant un ciel radieux. Premier événement du genre de l’année au Québec, de très nombreux exposants sont venus présenter leur collection aux visiteurs. Et contrairement à l’an dernier, le public a semblé moins timide à se rendre à l’exposition avec la levée de la majorité des mesures sanitaires.

«On a encore plus de visiteurs que l’an passé et plus d’exposants que l’an passé, confirme Pierre Gagné, Lachutois membre du comité organisateur de l’exposition. Nos espaces d’exposition sont occupés à 99%, on a environ 185-190 tables utilisées. En étant le seul événement du genre au Québec présentement à cause de la pandémie, ça attire beaucoup de gens. Mais je crois que même après celle-ci, on va continuer à attirer beaucoup de visiteurs car l’événement se fait à l’extérieur et les gens aiment ça, à condition que la météo reste de notre bord!»

Les exposants étaient aussi très heureux de pouvoir présenter leurs collections au public. Sylvain Boucher est l’un de ceux-là, lui qui présentait sa collection de pistolets anciens et de munitions anciennes.

«Je touche quand même à tout, notamment avec les écussons et les canifs de l’armée, dit-il. À Lachute, c’est merveilleux. C’est sûr qu’à l’intérieur c’est mieux: il y a des choses que je n’ai pas emmenées car elle sont sensibles à l’humidité. Mais de faire une exposition par année dehors, je continuerai à le faire.»

Monsieur Boucher indique que beaucoup de visiteurs sont intéressés à en apprendre plus sur l’histoire de certaines armes, notamment sur tout ce qui touche la Deuxième Guerre mondiale. Pour Pierre-Armand Lacombe, c’est justement cette histoire des deux grandes guerres du XXe siècle qui l’a attiré vers la collection d’armes.

«J’ai toujours été intéressé par la Première et Deuxième Guerre mondiale et les armes qui étaient utilisées, explique-t-il. Aujourd’hui, l’armée utilise des armes complètement différentes! Avant, quand quelqu’un te tirait dessus, tu voyais un nuage de fumée et tu tirais dans cette direction. Là, ça pas mal changé!»

Monsieur Lacombe confirme que la majorité des visiteurs du salon lachutois sont d’abord et avant tout des curieux qui s’intéressent à l’histoire. «C’est du patrimoine, c’est l’histoire du Canada. On dirait qu’aujourd’hui, c’est tout oublié, dénonce-t-il. Les gens d’aujourd’hui ne pensent plus aux soldats qui sont morts dans les guerres. Faut dire qu’aujourd’hui, ils n’utilisent plus vraiment des fusils mais des bombes téléguidées et des avions furtifs. Il n’y a plus vraiment d’hommes sur les champs de bataille.»

Outre répondre aux questions des curieux, monsieur Lacombe a profité de ce salon pour se départir de quelques pièces de sa collection, lui qui en a déjà possédé près de 800. «Ça, c’est juste la moitié de ce que j’avais avant! Il doit ne m’en rester à peu près que 300», lance-t-il en désignant la dizaine de tables sur lesquelles est posée sa collection.

Reconstitution

Outre les exposants, on retrouvait le Régiment des Bleus et des Gris de Montréal, un groupe de reconstitution de la Guerre de Sécession américaine qui faisait des démonstrations de tirs de canons et de fusils pour le public. À leur côté se trouvait Jim Mullin, du Glengarry Regiment, autre groupe de reconstitutionnistes qui s’intéresse plutôt à la Guerre de 1812 qui a opposé les États-Unis à l’Empire britannique, notamment les colonies du Haut et du Bas-Canada.

Basé à Dunvegan, à une trentaine de kilomètres au sud de Hawkesbury, ce groupe a été fondé il y a sept ans et est basé sur un régiment qui a réellement existé. Monsieur Mullin, qui œuvre au Musée des pionniers de Glengarry, avait fait venir au musée un autre groupe de reconstitutionnistes. Celui-ci a créé la Bataille de Glengarry, une bataille fictive mais qui reprend de vrais éléments de l’histoire, et qui est rejouée chaque année depuis plus de dix ans. Le Glengarry Regiment a été créé à cette occasion.

«Tous ces reconstitutionnistes venus de partout ont campé au musée comme cela se faisait à l’époque. Je ne pouvais pas les laisser seul sur le site alors j’ai fini par camper avec eux et c’est comme cela que mon implication a commencé, se rappelle monsieur Mullin. Maintenant, je vais dans les écoles avec mon uniforme raconter l’histoire de la région.»

Bien que les batailles les plus proches de la Guerre de 1812 ont eu lieu à la Ferme Crysler, à l’ouest de Cornwall, et à Châteauguay, Argenteuil y a joué un rôle alors qu’un régiment a pris une part active dans ce conflit.

«Les Rangers d’Argenteuil ont collaboré avec le Glengarry Regiment autant dans le Haut que dans le Bas-Canada. C’étaient des machines!, lance monsieur Mullin. C’est bien de pouvoir jaser avec les gens après une longue pause en raison de la Covid-19. Beaucoup de gens sont intéressés par notre régiment, on a quelques membres qui viennent d’Argenteuil et on est ouvert aux francophones.»

Si tout se passe bien, la prochaine reconstitution de la Bataille de Glengarry devrait avoir lieu en septembre prochain. Pour plus d’informations, visitez le glengarrypioneermuseum.ca.

Notons aussi que le Marché aux puces de Lachute sera l’hôte de deux autres expositions, soit Fantasticon, le 18 juillet, qui accueillera les collectionneurs et amateurs de culture ‘geek’, et Collectomania, le 1er août, une exposition regroupant des collectionneurs de tout genre. L’accès sera gratuit et ces événements se dérouleront de 9h à 14h.