le Dimanche 4 Décembre 2022
le Vendredi 28 mai 2021 16:57 Société

Une campagne de visibilité contre la violence conjugale

Le Comité opérationnel violence conjugale d’Argenteuil a lancé officiellement sa campagne La violence conjugale ne saute pas toujours aux yeux le 21 mai dernier, mais celle-ci a débuté bien avant alors que différentes affiches ont été installées aux entrées des différentes municipalités d’Argenteuil pour interpeler les automobilistes. Le but: faire voir une problématique qui est malheureusement trop souvent invisible.

Né en 2016, le Comité opérationnel violence conjugale d’Argenteuil vise à aider à la formation des gens qui interviennent auprès de victimes de violence conjugale à travers leurs organisations respectives. La campagne La violence conjugale ne saute pas toujours aux yeux s’adresse quant à elle à la communauté en général et interpellera, au fil des mois, différentes clientèles.

En effet, depuis le début du mois de mai, les automobilistes ont déjà pu voir une première affiche, installée le long des routes d’entrée des différentes municipalités de la MRC d’Argenteuil. Trois autres affiches se succéderont chaque mois, interpellant respectivement les témoins de violence conjugale, les personnes qui commettent une telle violence et finalement, les victimes. Sur chacune de ces affiches, le numéro de SOS Violence conjugale (1 800 363-9010) apparaît ou celui d’Accroc, un organisme visant à venir en aide aux hommes violents (1 877 460-9966).

Il est à noter que ces enseignes seront aussi installées en version anglaise pour les municipalités ayant un statut bilingue.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides a investi un peu moins de 10 000$ dans la création de ces panneaux qui sont une création de Marie Lévesque, de la maison d’hébergement La Citad’Elle de Lachute.

L’impact de la pandémie

Comme cela a souvent été dit précédemment, la pandémie et le confinement qui en a résulté ont eu un grand impact sur les cas de violence conjugale, comme en témoigne la série de féminicides survenue au début de l’année au Québec. Caroline Limoges, directrice générale de La Citad’Elle, indique que le taux d’occupation de son organisme était plutôt bas au début de la pandémie, au printemps 2020. Mais depuis quelques mois, celui-ci a explosé.

«À partir de l’été dernier, on a connu des mois où la demande a augmenté. On a conclu l’année complète avec un taux de 88% d’occupation, mais pour les trois premiers mois de 2021, ce taux est de 115%, raconte-t-elle. On a connu une grosse année.»

Steeve Mimeault, directeur général d’Accroc, indique de son côté que le nombre d’hommes appelant son organisme pour obtenir de l’aide a explosé dès le début de la pandémie. Il craint maintenant la fin du confinement.

«Un homme qui fait de la violence conjugale, ce qu’il tente d’abord de faire, c’est d’isoler sa victime en l’éloignant de ses proches, de ses amis, de son milieu de travail… Le confinement a été une situation parfaite pour cela, explique-t-il. On est inquiet, le déconfinement va entraîner une hausse de la violence car aussitôt que ça n’ira pas comme l’homme violent le souhaite, il risque d’enchaîner ce type de comportement.»

L’impact de la campagne

Même si cela ne fait que quelques semaines que les affiches ont été installées, plusieurs intervenants ont noté que celles-ci font déjà jaser.

«Il n’y a pas une journée où je ne vois pas quelqu’un qui m’en parle. Même mes enfants adultes m’en parlent, affirme Chantal Ranger, du Comité opérationnel violence conjugale. Je suis convaincue qu’il va y avoir de plus en plus de gens qui vont se questionner. Ces affiches vont faire prendre conscience à des gens qu’ils ne sont pas confortables dans leur situation conjugale.»

«En martelant le message, plus les gens vont le voir plus cela va avoir un impact, ajoute madame Limoges. D’avoir des messages pour les agresseurs, ça peut aussi faire du chemin. Tout le monde va voir ces affiches, c’est certain que cela va aider.»

Les personnes victimes de violence conjugale, femmes ou hommes, peuvent rejoindre SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 pour obtenir de l’aide. Pour les hommes ayant des comportements violents envers leur conjointe et qui veulent s’en sortir, appelez Accroc au 1 877 460-9966.