le Vendredi 3 février 2023
le Vendredi 16 Décembre 2022 11:51 | mis à jour le 16 Décembre 2022 15:42 Sports

Les filles ont maintenant leur équipe de hockey à la poly

L'équipe de hockey féminin des Inuk de la polyvalente Lavigne a disputé le tout premier match de son histoire.

Il s’en est passé des choses dans les 54 ans d’histoire de la polyvalente Lavigne mais jamais encore un programme de hockey féminin n’avait été mis sur pied. C’est maintenant chose faite depuis cette année. Et le 7 décembre dernier, les Inuk ont disputé la première partie de hockey féminin de l’histoire de l’établissement, signant une victoire de 7 à 3 contre les Carcajous de l’école Augustin-Norbert-Morin de Ste-Adèle à l’aréna de Lachute.

La naissance de ce programme de hockey féminin à la polyvalente lachutoise, on le doit à deux anciennes élèves de l’école, Maude Gilbert et Mahély Foucault. Alors qu’elles étaient en secondaire 5, en février 2020, elles ont réussi à monter une équipe avec des filles de l’école et à organiser un match contre l’équipe masculine M14 des Inuk. Si les deux jeunes femmes ont depuis obtenu leur diplôme et ont quitté la polyvalente, le concept d’un programme de hockey féminin est cependant resté.

L’enseignant en éducation physique Daniel Legault, en compagnie de sa collègue Raphaëlle St-Vincent, ont pris le relais pour créer ce nouveau programme. Patiemment, ils ont réussi à recruter 25 joueuses de secondaire 3 à 5, en plus d’une joueuse de secondaire 1 qui évolue avec les Stars de Lachute, pour lancer le programme. Tous les jeudis matins, les jeunes filles se rendent à l’aréna de Lachute pour leur pratique hebdomadaire.

Pour le directeur de la polyvalente Lavigne, Marc-André Girard, il était impensable de refuser de débloquer les fonds pour permettre au programme de voir le jour. «On a une équipe aux sports assez dynamique et des filles qui étaient prêtes à embarquer. Moi, j’ai juste signé le papier, j’ai eu la ‘job’ facile, mais ce sont les profs qui font le gros travail, dit-il. Je trouve ça génial! On parle beaucoup de persévérance scolaire pour les garçons et des programmes sont mis en place pour eux mais on a tendance à oublier les filles. La persévérance scolaire est aussi importante pour elles et ce programme est un jalon en ce sens. On élargit notre offre de services, c’est une raison de plus pour que les jeunes viennent à l’école et soient bien dans leur milieu.»

Notons que la participation à ce programme est gratuit pour les joueuses. Même l’équipement est fourni par la polyvalente, à l’exception du casque et des patins.

Match historique

Et comment s’est déroulé ce tout premier match officiel de l’histoire du hockey féminin de la polyvalente Lavigne?  Le résultat final de 7 à 3 est un peu trompeur puisque les Inuk ne menaient que 4 à 3 au terme de la deuxième période. C’est à Laurie Deschâtelets qu’est revenu l’honneur d’inscrire le premier but de l’histoire du programme, avec un tir bondissant de l’enclave, après huit minutes de jeu en première période.

Pour Daniel Legault, cette rencontre contre les Carcajous est un accomplissement pour les responsables du programme mais aussi pour les joueuses. «Je suis content, le calibre est identique [entre les deux équipes], souligne-t-il, précisant que seulement deux des 25 joueuses des Inuk avaient déjà joué au hockey auparavant dans des ligues organisées. Les filles sont emballées: la première présence sur la glace a duré près de trois minutes tellement elles étaient nerveuses et qu’elles ont oublié la notion de faire des changements!»

Laurie Deschâtelets a ajouté un deuxième but en deuxième période. Les autres marqueuses furent Marie-Maude Baril, Mia Blais-Duplantie, Mégane Lalonde et Andréanne Lalonde avec un doublé.

Rebeka Leblanc et Maéva Campeau, deux élèves de secondaire 5, en étaient toutes deux à leur première partie de hockey à vie. «C’était différent des pratiques, vraiment essoufflant!, nous a d’abord lancé Maéva. Quand on a fait la première pratique, beaucoup de filles ne savaient pas patiner. C’était un peu décourageant mais on s’est beaucoup améliorées.»

Sa collègue Rebeka ajoute que c’était cependant très amusant de pouvoir enfin jouer une partie. «C’était un peu stressant car on ne savait pas vraiment à quoi s’attendre», nous a-t-elle dit.

Toutes deux admettent avoir décidé d’embarquer dans l’aventure du hockey scolaire féminin justement parce que l’équipe n’est composée que de filles à peu près du même calibre qu’elles. «C’est beaucoup moins stressant que d’embarquer dans une équipe et de se faire juger parce qu’on a commencé à jouer sur le tard, explique Maéva. Ici, tout le monde s’aime, il y a un bel esprit d’équipe.»

Quelle est la suite?

Au terme de ce match, il y avait quand même une ombre au tableau: combien d’autres parties seront disputées par les Inuk cette saison? En février, elles rendront visite aux Carcajous à Ste-Adèle mais il s’agit de la seule rencontre prévue actuellement. Au moment d’écrire ces lignes, monsieur Legault indiquait qu’il était en pourparlers avec une équipe féminine de Rigaud pour la tenue d’autres rencontres cette saison.

Le problème est qu’il n’existe pas de ligue de hockey féminin scolaire pour la région de Laurentides-Lanaudière dans le Réseau du sport étudiant du Québec. La ligue la plus proche serait celle de la Greater Montreal Athletic Association qui a une ligue juvénile de division 3 mais son calibre serait trop fort pour celui des Inuk. Avec autant de joueuses inexpérimentées, la difficulté des responsables du programme est de trouver des adversaires du même calibre.

Monsieur Legault indique que la meilleure solution serait de créer une ligue dans la région. «C’est quelque chose que l’on voudrait mais il faudrait trouver deux autres équipes, explique-t-il. Le problème, c’est que dans les autres écoles, ils ont des filles qui jouent pour le Mistral (NDLR: l’association de hockey féminin pour les Laurentides), alors ils sont beaucoup trop forts pour nous. L’idée serait de trouver des filles et de les développer à partir de zéro.»

Malgré tout, celui-ci voit l’avenir du programme d’un bon œil. «On commence. On avait rien il y a deux ans et là, on a un match contre une autre école. Qui sait ce qui arrivera d’ici quatre ans? Le programme ne peut que grossir.»