le Dimanche 4 Décembre 2022
le Jeudi 30 juin 2022 16:40 Sports

Un combat d’apprentissage pour Avery Martin-Duval

Avery Martin-Duval a dû trimer dur comme il ne l’avait jamais fait auparavant, mais au final, il en a fait assez pour convaincre les trois juges de lui accorder une victoire par décision unanime dans son combat contre Luis Reyes-Carmona, présenté au Casino de Montréal le 23 juin dernier.

« Je me donne un deux sur dix. C’était une bonne expérience, mais ce n’était vraiment pas une bonne performance pour moi », a avoué le natif de Hawkesbury.

Le combat avait commencé en force pour Martin-Duval qui, de manière très convaincante, a remporté les trois premiers rounds grâce à ses mouvements rapides et ses coups plus précis. C’est dans les trois derniers rounds que les choses se sont compliquées. Alors que la fatigue devenait un facteur, Reyes-Carmona en profitait pour appliquer davantage de pression. Malgré cela, les trois juges se sont tous accordés sur un pointage de 58-56, soit de quatre rounds contre deux, au profit de « The Future ».

« Il fallait juste que je reste concentré. Le Mexicain faisait un peu n’importe quoi et ça marchait, ça rentrait dans ma tête et ça m’a un peu fait tomber dans sa game. Alors je commençais à être un peu fatigué, mais à part de ça, correct », a confié le boxeur de 21 ans, questionné sur son état d’esprit au cours des 5e et 6e, dans un contexte où aucun de ses précédents combats ne s’était rendu si loin.

Un passage obligé

Comme il l’a souligné d’entrée de jeu, même si sa « performance » laissait à désirer, il s’agissait d’une « expérience » extrêmement enrichissante pour la suite de sa carrière. Son promoteur abondait dans le même sens suite au 8e professionnel de l’espoir qu’il gère depuis ses débuts professionnels, faits à 18 ans en 2019.

« Je pense qu’il faut qu’il apprenne de ce combat-là […]. Avery avait beaucoup de ko au début de sa carrière, alors il s’attend à ça, mais ça n’arrivera pas à chaque fois. Il faut qu’il travaille plus avec des combinaisons, avec une stratégie et non pas juste essayer de knocker le gars en lançant un coup à la fois », a affirmé Camille Estephan, fondateur d’Eye of the Tiger Management, en faisant le bilan de son gala présenté dans le cadre des festivités de la Saint-Jean-Baptiste, devant plus de 500 spectateurs.

Son protégé demeure ainsi invaincu, avec maintenant sept victoires, dont quatre par mise hors de combat et un combat nul. Quant à Reyes-Carmona, alias « El Bola », il s’agit pour lui d’une 2e défaite en 12 combats, mais comme Camille Estephan l’a souligné, a été un « très bon adversaire » à sa première sortie hors du Mexique.

Un peu d’histoire

Après avoir répondu à des questions en lien avec sa performance, Avery Martin-Duval était tout sourire apprenant qu’un journaliste de Hawkesbury était sur place, au Cabaret du Casino de Montréal, notamment pour son combat. Il s’est ainsi confié sans gêne sur son parcours et sur le chemin qu’il a effectué dans les dernières années, autant dans le ring, qu’en dehors.

« Je suis né à Hawkesbury, j’ai habité en Ontario pendant cinq ans quand j’étais jeune, j’ai déménagé à Rigaud quand j’avais 6-7 sept ans et maintenant j’habite ici à Montréal », raconte celui qui s’entraîne dans la métropole sous la gouverne de Jessy Ross Thompson.

Comme l’expression le dit : « on ne joue pas à la boxe », car c’est un sport sans pitié et rempli d’adversité. C’est toutefois l’adversité hors du ring qui a amené Avery Martin-Duval dans le sport où il a connu un succès rapide chez les amateurs et maintenant les professionnels.

« Vers dix ans et demi ou onze ans, je me faisais ‘écoeurer’ un peu, alors mes parents m’ont mis là-dedans pour me rendre un peu tough, mais vraiment, c’est ma vie là », conclut le principal intéressé.

Les vacances attendront

Pour ce qui est de la suite, lorsque « The Future » dit que c’est sa « vie », ce n’est pas que des mots. Insatisfait de sa performance de samedi dernier, il compte reprendre l’entraînement dès le lundi suivant, pour se rebattre « le plus tôt possible ».

Si tout se passe bien, l’espoir évoluant entre les catégories de poids super-plumes (130 livres) et légers (135 livres) compte remonter sur le ring dès le mois septembre. Il ne reste plus qu’à voir si cela sera le 9 ou le 16 septembre prochain, deux dates où Eye of the Tiger Management sera de retour au Casino de Montréal.