le Dimanche 4 Décembre 2022
le Vendredi 28 mai 2021 8:47 Sports

Denis Hamel se souvient de Gilles Lupien

Gilles Lupien a laissé une trace indélébile chez de nombreux hockeyeurs qu’il a représentés en tant qu’agent de joueurs. Denis Hamel est un de ceux-là: l’ex-joueur de St-André-d’Argenteuil maintenant au Temple de la renommée de la Ligue américaine de hockey a pu compter sur lui tout au long de sa carrière professionnelle et même après celle-ci.

Pendant les 15 années où Hamel a roulé sa bosse entre la Ligue nationale et la Ligue américaine, Gilles Lupien a été son agent. Joint par Le Régional à son domicile de Casselman, dans l’est-ontarien, l’ancien joueur a admis être attristé par la mort de celui que l’on surnommait Loupie.

«Je lui avais parlé après son premier cancer, juste avant Noël, et il avait passé au travers, se souvient-il à propos de sa dernière conversation avec lui. Quand il a récemment annoncé qu’il ne lui restait plus que quatre, cinq mois à vivre, ça m’a fait quelque chose. De savoir qu’il est parti aussi rapidement…»

Cette dernière conversation, c’est Lupien lui-même qui l’a instiguée: ayant eu de l’expérience comme propriétaire d’une franchise de la Ligue junior majeure du Québec à la fin des années 80, il a contacté Hamel lorsqu’il a su que ce dernier devenait actionnaire des Olympiques de Gatineau, lui reprochant gentiment de ne pas lui avoir demandé conseil au préalable.

«Quand j’ai acheté une part des Olympiques, je ne lui en avais même pas parlé: c’est lui qui m’a appelé, raconte Hamel. Il m’a dit: ‘Heille, tu m’as pas appelé!’ Je ne peux pas dire qu’il était fâché mais il aurait voulu que je l’appelle là-dessus. Il voulait me protéger encore, que tout soit en ordre dans ce dossier.»

Cette anecdote illustre bien ce que Lupien était: alors qu’il avait passé sa carrière de joueur à défendre ses coéquipiers, il défendait maintenant bec et ongles ses clients en tant qu’agent, même après leur carrière de hockeyeur.

«Je l’appelle encore mon agent même si je ne joue plus, admet Hamel. Il faisait attention à ses ‘boys’, il nous traitait comme si on était ses enfants. Pour n’importe quel problème, tu pouvais aller le voir. Il pensait beaucoup à notre après-carrière et il voulait vraiment protéger ses gars.»

Hamel se rappelle comment l’ancien agent de joueurs conseillait souvent à ses jeunes clients de ne pas s’enfler la tête et à ne pas trop dépenser dès que ceux-ci commençaient à avoir de lucratifs contrats. Reconnu pour son franc-parler, il n’hésitait pas non plus à leur dire lorsque les choses n’allaient pas comme il le fallait.

«Il a toujours été ‘fair’, il a toujours dit la vérité, raconte l’ancien porte-couleurs des Sénateurs d’Ottawa. Si ça n’allait pas bien au hockey, il te le disait, il ne passait pas par quatre chemins. Il était honnête et il protégeait ses joueurs comme un agent devrait le faire.»

Le lien qui unissait Gilles Lupien à Denis Hamel allait cependant au-delà de la simple relation agent-joueur: comme tous deux viennent d’Argenteuil, il y avait aussi un lien que l’on pourrait comparer à du bon voisinage et à une relation d’amitié.

«Je rencontrais sa mère souvent, ma mère rencontrait sa mère et elles parlaient juste de leurs enfants, de lui et moi, dit-il. C’était ‘friendly’ comme relation, il était là pour écouter, à n’importe quelle heure même à minuit parce qu’il écoutait le hockey. Par contre, quand c’est lui qui t’appelait à cette heure-là, c’était pas bon signe, il y avait quelque chose de pas correct que tu avais fait! Mais il était bien fier de ses ‘boys’.»

Une célébration de la vie de Lupien devrait avoir lieu le 28 mai à Lachute.