le Vendredi 9 Décembre 2022
le Vendredi 19 mars 2021 16:45 Société

Une glissière flexible à haute tension pour la 50?

En février dernier, la MRC d’Argenteuil a adopté une résolution demandant au ministère des Transports d’étudier la possibilité d’installer une glissière de sécurité flexible à haute tension entre les deux voies de l’autoroute 50 dans les portions où la circulation s’effectue en contresens. La MRC a fait cette demande alors qu’un projet pilote a actuellement cours en Outaouais dans une portion de l’autoroute et dont les premiers résultats semblent encourageants.

Rappelons qu’actuellement, la grande majorité de l’autoroute 50 dans Argenteuil ne compte que deux voies, soit une voie dans chacune des directions, avec seulement une bande rugueuse entre elles pour les séparer. Entre la sortie de la route du Canton à Brownsburg-Chatham et celle de la côte Angèle à Notre-Dame-du-Bon-Secours, dans la MRC de Papineau voisine, ce sont 40,2 kilomètres où la circulation se fait en contresens.

À l’est de la portion à deux voies de la 50 située à Lachute, ce sont 22,6 kilomètres où la circulation se fait en contresens, jusqu’à l’aéroport de Mirabel. Le conseil des maires a ainsi officiellement demandé au ministère des Transports d’analyser la possibilité d’installer une glissière de sécurité flexible à haute tension dans les portions de l’autoroute qu’il juge les plus dangeureuses dans Argenteuil.

Une glissière flexible à haute tension est composée de trois câbles en acier soutenus par plusieurs poteaux en acier installés tous les deux mètres. Ces poteaux, qui plient sous un impact, sont insérés dans des manchons, aussi en acier, qui sont enfoncés dans l’asphalte de la chaussée à une profondeur de 75 à 80 centimètres. Les câbles sont fixés à des ancrages situés aux deux extrémités du tronçon et sont tendus à l’aide d’un équipement particulier. En cas d’accident, cette glissière empêche un véhicule de trop empiéter sur la voie inverse en le gardant dans sa voie tout en amortissant l’impact.

Préserver des vies

Le préfet de la MRC, Scott Pearce, n’a pas indiqué quels tronçons de la 50 le conseil des maires jugeait les plus dangereux au point d’espérer l’installation d’une telle glissière. S’il n’en tenait qu’à lui, toute l’autoroute aurait une glissière flexible à haute tension entre ses deux voies.

«On a perdu beaucoup de gens sur cette autoroute, dit-il. On a vu le projet pilote du côté de Gatineau et ça semble marcher. On aimerait que la MRC d’Argenteuil soit considérée pour un tel projet. Notre but, c’est d’assurer la sécurité de nos citoyens.»

Par contre, le coût d’une telle glissière semble assez élevé: dans le cadre du projet pilote en Outaouais, la glissière, installée en juillet dernier sur un tronçon de 5,4 kilomètres, a coûté près de 5 millions $, soit environ un million de dollars du kilomètre.

Cela ne décourage cependant pas le préfet. «Il y a des tronçons plus dangereux que d’autres. S’il y a des considérations financières, peut-être que l’on peut au moins commencer avec ces tronçons, dit-il. Avec les données sur les accidents, on peut cibler des places qui sont problématiques et où on peut sauver des vies.»

Plus sécuritaire?

Rosalie Faubert, porte-parole du ministère des Transports en Outaouais, indique que la direction régionale est satisfaite des résultats obtenus jusqu’ici avec la glissière installée sur cette portion de la 50 en Outaouais. Le tronçon de 5,4 kilomètres ciblé a été choisi en raison de son haut débit de circulation et des nombreux accidents qui y ont eu lieu au fil des ans.

«Depuis son installation, le ministère est satisfait de son efficacité et va suivre de près ses résultats. Elle réduit bien la gravité des accidents sur ce tronçon», indique-t-elle, ajoutant qu’une quinzaine de véhicules auraient ainsi évité de se retrouver en sens inverse grâce à cette glissière lors de divers incidents.

Il faudra par contre attendre en juillet prochain, un an après son installation, pour que le ministère analyse les résultats obtenus avec cette glissière en vue d’étudier la possibilité d’en installer d’autres ailleurs au Québec.

Une problématique qui a cependant été soulevée depuis l’installation de la glissière à haute tension est l’augmentation des fermetures de l’autoroute 50. En effet, après chaque impact, le ministère des Transports doit remplacer les poteaux d’acier endommagés, ce qui nécessite la fermeture de la voie rapide.

Madame Faubert affirme que ces fermetures ne durent que quelques heures et ont lieu la nuit. Pendant ce temps, la glissière demeure fonctionnelle malgré ses dommages.

Pour Scott Pearce, ces fermetures éventuelles de l’autoroute 50 si une telle glissière est installée dans Argenteuil ne représente qu’un léger désagrément. «Ce n’est pas la solution parfaite. Si on doit fermer l’autoroute pour réparer la barrière mais que cela a permis de sauver une famille de cinq personnes, je crois que ça en vaut la peine, lance-t-il. Mais la solution idéale, c’est de faire la 50 à quatre voies.»

Ironiquement, dès cet été, les travaux pour doubler les voies de la 50 sur le tronçon qui a été ciblé pour le projet pilote de la glissière à haute tension en Outaouais vont commencer. Cette glissière ne restera donc en place que pendant quelques mois encore après la fin du projet pilote, jusqu’à l’ouverture de ces nouvelles voies.

Dans Argenteuil, si aucun échéancier n’a été avancé pour le doublement des voies entre Brownsburg-Chatham et la limite ouest de la MRC, c’est vers la fin de 2022 que les travaux devraient débuter pour doubler les voies entre Lachute et Mirabel, tel qu’annoncé en septembre dernier par le gouvernement Legault.