le Vendredi 9 Décembre 2022
le Jeudi 8 septembre 2022 23:13 Politique

Élections Québec 2022: Éric Duhaime présente ses engagements en santé et lance un appel au calme

C’est flanqué de Karim Elayoubi, candidat de son parti dans Argenteuil, que le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, est venu à Lachute présenter les engagements de sa formation en matière de santé le 2 septembre dernier. Il en a profité pour dénoncer de manière plus vigoureuse les dérapages observés ces derniers jours concernant les menaces faites à l’endroit d’élus.

C’est sur le terrain de la résidence d’un partisan du PCQ situé devant l’hôpital de Lachute que monsieur Duhaime a accusé les autres formations politiques de ne pas vouloir casser le moule du système de santé québécois. «On a quatre partis qui continuent à brasser le même vieux modèle de monopole public inefficace en matière de santé, a-t-il lancé. Depuis 40 ans, c’est toujours le même problème avec notre système de santé, ça tourne en rond.»

Le chef du PCQ y est ensuite allé d’un florilège de statistiques en matière de santé: le manque d’accès à un médecin de famille, la liste d’attente qui s’allonge pour obtenir un médecin de famille ou encore celle pour subir une opération qui continue à être de plus en plus longue.

«Ce ne sont plus des guichets d’accès: on pourrait appeler ça des guichets d’attente! Je pourrais passer la journée à sortir des statistiques mais je pense que les gens savent que le système de santé du Québec ne fonctionne pas.»

Plateforme en cinq points

C’est le candidat conservateur dans Argenteuil, Karim Elayoubi, qui a présenté les grandes lignes du parti en matière de santé. Monsieur Elayoubi est d’ailleurs médecin de famille et urgentologue à l’hôpital lachutois et a été l’un de ceux qui a élaboré la plateforme santé du PCQ.

«Le problème de notre système de santé est que sa structure est défaillante, a-t-il d’abord avancé. On n’a pas inventé des choses: on a regardé les modèles les plus performants de la planète et décidé d’importer les meilleures pratiques dont celles des pays scandinaves et de plusieurs pays d’Europe de l’ouest.»

Parmi ces pratiques à importer, le financement des hôpitaux pourrait passer par leur efficience et par la quantité de patients qu’ils traitent: plus un hôpital verrait de patients rapidement, plus il recevrait de l’argent. «Ce qui est intéressant est que le patient est perçu comme une source de revenus et non de dépenses, explique monsieur Elayoubi tout en assurant que l’accès aux soins resterait universel. Ça incite les gestionnaires à se concurrencer les patients. On veut que les hôpitaux compétitionnent pour avoir des patients.»

Cette compétition pourrait aussi se faire avec une plus grande participation du secteur privé, notamment en confiant la gestion des hôpitaux à des entreprises privées. Permettre aux médecins de pratiquer en même temps dans le système public et dans le privé fait aussi partie des projets du PCQ.

Le Parti conservateur voudrait aussi œuvrer à revenir à ce qui se faisait en matière de gestion avant la réforme Barrette de 2015, c’est-à-dire à un retour des conseils d’administration dans les hôpitaux où une plus grande marge de manœuvre serait accordée concernant la gestion des budgets du centre hospitalier. «Lorsque les décisions sont prises plus proche du niveau des employés et des patients, ça améliore la qualité du travail, argue le candidat.

Comme plusieurs autres partis, le PCQ désire augmenter les effectifs médicaux, notamment en augmentant les admissions en médecine et en accélérant la reconnaissance des compétences des diplômés en médecine venant de l’étranger. Le PCQ désire aussi donner plus de pouvoirs aux pharmaciens et infirmières practiciennes spécialisées et accélérer l’informatisation du système de santé.

Appel au calme

Avant de quitter pour un rassemblement avec des partisans au local électoral de monsieur Elayoubi, Éric Duhaime a tenu à lancer un appel au calme suite à la recrudescence d’actes violents qui ont été commis à l’endroit d’élus et de candidats de tous les partis depuis les débuts de la campagne.

«Je veux lancer un appel calme et dénoncer toute manifestation de violence sous toutes ses formes de tous les sympatisants des partis, incluant les conservateurs, a-t-il déclaré. Une campagne électorale est un moment privilégié pour manifester notre mécontentement et insatisfaction mais de manière pacifique et démocratique, avec des bulletins de vote dans les urnes le 3 octobre.»

L’homme de 53 ans a indiqué avoir prévenu ses candidats de ne pas embarquer dans une surenchère à cet égard.