le Lundi 5 Décembre 2022
le Vendredi 13 mai 2022 9:21 Économie

Film Laurentides: Un quart de siècle à faire rayonner la région à l’écran

L’organisme Film Laurentides célèbre en 2022 ses 25 ans d’existence. Tout au long de l’année, l’organisme basé à Lachute prévoit souligner l’événement tout en continuant à travailler à attirer dans la région les tournages de productions télévisuelles et cinématographiques d’ici et d’ailleurs.

En 1997, Marc Carrière, directeur général de la MRC d’Argenteuil, et Dany Brassard, aujourd’hui directeur du service de développement économique de la MRC, lancent l’idée de créer un organisme qui pourrait œuvrer à attirer les tournages télévisuels et cinématographiques dans la région après avoir lu un reportage dans La Presse concernant le tournage d’un film à Harrington. C’est ainsi qu’est né le Bureau du cinéma et de la télévision d’Argenteuil qui, trois ans plus tard, ajoutera l’ensemble des Laurentides au territoire qu’il couvre. Le nom de Film Laurentides a été adopté en 2019.

Au cours des 25 dernières années, on estime à près de 650 le nombre de productions (films, publicités, productions télévisuelles) qui ont été tournées dans les Laurentides grâce au travail de Film Laurentides. Avec une moyenne annuelle de 5 millions $ en retombées économiques directes, ce sont ainsi près de 125 millions $ qui ont été ainsi injectés dans l’économie de la région depuis la création de l’organisme.

En mars dernier, la petite équipe de Film Laurentides a commencé à souligner les 25 ans d’histoire de l’organisme. Cela a commencé avec un quiz hebdomadaire sur les ondes de la radio CIME FM tout au long du mois de mars (quiz qui devrait reprendre d’ici quelques semaines), le dévoilement d’une bande-annonce de l’organisme en avril et la mise à jour régulière d’une page web soulignant les événements marquants de Film Laurentides au cours du dernier quart de siècle. Cet automne, on prévoit la présentation en avant-première d’un film qui aura été tourné dans les Laurentides. L’identité du long métrage sera dévoilée un peu plus tard et cet événement agira comme point d’orgue des célébrations de ce 25e anniversaire.

Une évolution

Marie-Josée Pilon, aujourd’hui directrice générale de Film Laurentides, a commencé à travailler pour l’organisme il y a plus d’une vingtaine d’années, alors qu’elle oeuvrait comme commissaire. Au fil des ans, elle a vu l’évolution non seulement de la façon dont les producteurs voient le rôle de Film Laurentides mais aussi la façon dont les développements technologiques ont permis d’améliorer le travail de l’organisme.

«Au début, quand on a commencé, on prenait des photos avec pellicules que l’on faisait ensuite développer avant d’envoyer des photocopies aux producteurs, se rappelle-t-elle. On est rendu avec des courriels, un site web, des captations par drone et on est capable de faire des photos à 360° et des images en réalité immersive. C’est un méchant grand pas!»

Elle se rappelle également qu’au commencement, pour faire du repérage, l’organisme utilisait des cartes routières et topographiques alors que maintenant, Google Maps facilite énormément le travail.

Quant à la perception des gens face à l’organisme, madame Pilon indique que cette évolution n’a jamais cessé d’être positive.

«J’ai été témoin d’une constante évolution du nombre de tournages et de l’envergure des tournages ainsi que des retombées économiques que cela génère. Je suis témoin de la confiance dont nous témoignent les producteurs, réalisateurs et directeurs des lieux de tournage, raconte-t-elle. Il y a une certaine renommée qui vient avec ça. C’est devenu un atout: ce n’est pas seulement que l’on soit proche de Montréal mais on a une expertise qui s’est développée et qui n’était pas là il y a 25 ans.»

Même les municipalités des Laurentides ont appris à voir Film Laurentides comme un attrait important pour leur territoire. «Au début, les municipalités avaient moins d’occasions et d’expérience pour accueillir des tournages. Aujourd’hui, on a une quinzaine de municipalités qui offrent en ligne des documents pour faire des demandes de tournage sur leur territoire! Elles ont appris que cela apporte des retombées économiques importantes.»

Un élément qui n’a pas changé au fil des ans est que l’équipe de Film Laurentides est restée somme toute petite. Outre madame Pilon, l’équipe ne compte qu’une seule autre membre à temps plein, Elisabeth Dumouchel, chargée de projet de l’organisme. Coïncidence, celle-ci vient d’avoir 25 ans cette année.

Madame Pilon, outre le fait qu’elle y a rencontré l’amour (elle et le cofondateur Dany Brassard forment un couple depuis de nombreuses années),  juge que d’avoir pu attirer le réalisateur allemand Wim Wenders en 2014 pour son film Every Thing Will Be Fine fait partie des faits marquants de sa carrière au sein de l’organisme. «Pour Dany, c’est sans aucun doute d’avoir pu attirer Steven Spielberg pour Le Terminal en 2004, lance-t-elle. Quant aux productions québécoises, d’avoir Jusqu’au déclin qui s’est retrouvé sur Netflix après avoir été entièrement tourné dans les Laurentides est un fait marquant.»

L’obtention du Prix Hector-Fabre en 2012, soulignant la contribution de l’organisme au rayonnement international de la région, est aussi une grande source de fierté pour madame Pilon.

Et l’avenir?

L’an dernier, ce sont 55 productions qui ont établi leurs pénates dans les Laurentides alors que la moyenne annuelle est de 40. Pour 2022, madame Pilon s’attend à ce que ce soit encore une fois une excellente année alors qu’une quinzaine de tournages ont déjà eu lieu cet hiver et ce printemps. Des annonces de tournages devraient être faites au cours des prochaines semaines pour la période estivale.

Parmi les tournages qui ont déjà eu lieu, notons une publicité du géant McDonald’s ainsi que le long métrage français Chien & Chat qui ont été tournés en totalité ou en partie dans Argenteuil.

«Présentement, les producteurs américains se font attendre. Mais on sait que 40% des productions américaines, lorsqu’elles tournent à Montréal, font souvent du tournage aussi dans les Laurentides, explique madame Pilon. J’attends des confirmations mais on est confiant!»

Pour plus d’informations sur Film Laurentides, visitez le www.filmlaurentides.ca.