le Vendredi 9 Décembre 2022
le Jeudi 25 novembre 2021 12:34 Santé

Coupure dans les services à l’HGH

Le 2 novembre dernier, l’Hôpital général de Hawkesbury (HGH) annonçait une réduction temporaire de ses activités causée par une pénurie de personnel clinique. Les deux départements touchés par cette mesure sont le Service périopérationnel, ainsi que le Centre familial des naissances, dont la capacité est maintenant réduite de moitié. Quelques jours après cette annonce, le journal s’est entretenu avec Julie Maranda, médecin-cheffe du HGH, pour éclaircir cette situation sans précédent.

« Je pratique depuis l’an 2000 et en plus de 20 ans c’est la première fois que je vois une situation du genre », raconte Julie Maranda, en s’accordant toutefois avec son directeur général, Marc LeBoutillier sur le fait que c’était la décision à prendre.

Dans le communiqué, monsieur LeBoutillier avait expliqué que le manque de main-d’œuvre en milieu hospitalier était une problématique de niveau national. Il avait toutefois mentionné que la situation géographique unique de la région compliquait davantage les choses, notamment à cause des besoins linguistiques des patients.

Questionnée sur la raison  de cette pénurie, docteure Maranda pointe notamment la pandémie comme étant l’élément déclencheur d’un cercle vicieux qui plane sur le système de la santé.

« Il y a évidemment la COVID-19, avec le retard qu’elle a provoqué, les besoins sont plus grands mais les ressources ne le sont pas. Pour compenser, le personnel travaille deux fois plus fort mais cela finit par créer un épuisement général et c’est pour protéger ces travailleurs et [donc] briser ce cercle vicieux que nous devons réduire notre capacité », indique celle qui est médecin-cheffe du HGH depuis 2013, en ajoutant que des statistiques démontrent, qu’en plus, les travailleurs changent de carrière de plus en plus fréquemment.

Cet épuisement, elle l’appelle « la deuxième pandémie » puisque même si avec la vaccination, l’impact de la pandémie est diminué, elle a provoqué de fortes secousses sur la santé mentale des travailleurs de la santé.

En quête de solutions

Pour le moment, même la médecin en chef de l’hôpital ignore combien de temps durera cette réduction temporaire. De même qu’elle ignore si d’autres départements seront éventuellement atteints. Elle affirme toutefois que même si  elles semblent  venir « au compte-gouttes », l’hôpital est constamment en quête de solutions. Provincialement, elle note que le directeur général est constamment en contact avec le ministère de la Santé de l’Ontario. Régionalement, elle souligne le support et la communication que s’apportent tous les hôpitaux des environs. Finalement, localement, elle ajoute que le HGH n’a jamais travaillé aussi fort dans le volet du recrutement, autant pour celui d’infirmières, d’infirmières auxiliaires que de préposés.

« C’est difficile de faire des prédictions, dans un monde idéal, on voudrait que notre capacité soit de 150% et non 50%. Il n’y a pas de solution miracle mais en travaillant avec acharnement nous finirons par nous relever [de la première, comme de la deuxième pandémie] », indique Julie Maranda, voulant rester optimiste, malgré tout, en concluant l’appel.