le Jeudi 8 Décembre 2022
le Lundi 8 mars 2021 8:02 Culture

Deux styles, deux mondes et une couleur

La levée de certaines restrictions sanitaires juste à temps pour le début de la semaine de relâche scolaire a été  une bonne nouvelle pour plusieurs organisations oeuvrant dans le domaine des arts notamment. C’est le cas de la Galerie-boutique de la Route des arts qui a pu rouvrir ses portes le 26 février dernier avec sa première exposition de 2021, Les Grands bleus, où deux artistes explorent deux mondes avec deux styles différents mais avec une seule couleur.

Les Grands bleus, c’est l’exploration du ciel à travers la peinture et de la mer à travers des céramiques jusqu’au 28 mars. Lise Goulet et Nathalie Frenière, les deux amies artistes qui ont élaboré cette exposition, invitent le public à découvrir leurs œuvres qui rendent hommage chacune à leur manière à la nature. Si les céramiques explorent le thème de l’eau, les tableaux font de leur côté la part belle aux cieux.

«Cela fait trois ans que l’on présente cette exposition, notre propos se réoriente, explique Lise Goulet, l’artiste céramiste qui a créé les poteries de l’exposition. Ce qui est le plus secret, ce sont les eaux profondes; ce qui est plus grand que soi, ce sont les cieux. Tous les deux, c’est si beau mais si on ne fait pas attention, ça ne le sera plus pour bien longtemps.»

En effet, la connotation environnementale et  l’importance de préserver la nature est importante dans les œuvres exposées. «Le public a bien répondu jusqu’à présent, souligne Nathalie Frenière, l’artiste peintre qui a fait les tableaux. C’est très tendre et on est proche de l’environnement. C’est une thématique mais on voulait aussi que le message soit important.»

Deux amies, deux styles

Nathalie Frenière réside à Vankleek Hill depuis une dizaine d’années avec son conjoint, le pianiste jazz Didier Chasteau. Celle qui peint à temps plein depuis une quinzaine d’années a grandi à Montréal auprès d’un père collectionneur d’art. Elle était donc tombée dedans quand elle était petite, comme on dit. Il y a cinq ans, suite au décès de son paternel, elle a entamé la création d’œuvres représentant le ciel.

«C’était une façon de vivre mon deuil, raconte-t-elle. J’ai fait une exposition et j’ai aimé ça. J’ai donc poursuivi dans cette veine-là. Je travaille pour aller chercher les contrastes. J’aime beaucoup la lumière.»

Travaillant à la spatule et à l’huile, madame Frenière présente une trentaine de tableaux semi-figuratifs dans l’exposition Les Grands bleus.

Pour sa part, Lise Goulet passe maintenant son temps entre Toronto et Ottawa, elle qui est originaire de Timmins. C’est au secondaire, il y a près d’un demi-siècle, qu’elle a été initiée à la poterie. «J’ai aimé l’énergie que ça prend et la texture que ça donne, explique celle qui a aussi étudié en gravure à l’eau forte. C’est très lié encore: comme graveure, je travaillais souvent la texture. C’est un peu ce que l’on retrouve dans mes céramiques.»

Les deux femmes se sont rencontrées lors d’activités du  Bureau des regroupements des artistes visuels de l’Ontario (BRAVO). Une amitié est née de ces rencontres et l’idée de créer une exposition conjointe, alliant la poterie de madame Goulet et la peinture de madame Frenière tout en ayant pour thématique le bleu, a germé. C’était il y a trois ans: la présentation de l’exposition à la Galerie-boutique de la Route des arts est la cinquième présentation de celle-ci.

«C’est Nathalie qui connaissait Jacques Charbonneau, le premier artiste à exposer ici. J’ai visité son exposition et j’ai trouvé ça très intéressant pour le coup d’œil», explique madame Goulet à propos du choix de présenter l’exposition à Lachute.

«[L’exposition] a une préoccupation environnementale et artistique, poursuit celle qui explore le thème de l’eau dans ses céramiques. Ce qui me touche, ce sont les bassins versants. C’est un sujet qui m’a surprise: je me suis rendue compte que mes pièces ont un lien avec les bassins versants.»

Les deux artistes espèrent que le public profitera de cette relance des activités culturelles pour venir visiter l’exposition qui se poursuit jusqu’au 28 mars. «Ils verront qu’il y a de la tendresse qui se dégage. C’est très épuré dans ce que l’on fait, affirme madame Frenière. Le bleu est une couleur froide mais ce que l’on fait est très enveloppant. [Cette exposition] est aussi pour rendre hommage à la Terre-Mère.»

Enfin de retour!

Lise-Anne Bernatchez, directrice de la Galerie de la Route des arts, était bien évidemment heureuse que cette dernière puisse reprendre ses activités après deux mois de fermeture en raison des mesures gouvernementales. «On est heureux mais est-ce que la population va venir?, demande-t-elle. On sent que les gens sont plus craintifs à sortir. Ça donne une drôle d’ambiance…»

Malgré tout, les activités devraient reprendre leur cours à la Galerie-boutique. Des expositions sont prévues, surtout à l’automne, bien que l’on sache que l’exposition de photos Ma région à mon image sera de retour en mai. Des ateliers artistiques devraient aussi débuter le mois prochain.

Quant au volet boutique, plusieurs nouveaux articles sont maintenant disponibles. On notera d’ailleurs l’arrivée de nombreux livres d’auteurs des Laurentides. Madame Bernatchez invite également le public qui aurait des livres sur l’art dont il voudrait se débarrasser à les donner à l’organisme afin qu’il puisse les revendre: les profits générés iront au financement de la Route des arts.

La Galerie-boutique de la Route des arts est située au 76, rue Clyde, à Lachute. Visitez le routedesarts.ca pour obtenir plus d’informations concernant ses heures d’ouverture.