le Samedi 3 Décembre 2022
le Vendredi 11 novembre 2022 11:57 Culture

L’exposition ‘La vie dans la mort’ s’installe à Grenville-sur-la-Rouge

Nouvelle exposition à l'hôtel de ville de Grenville-sur-la-Rouge.

L’exposition ‘La vie dans la mort’ a vu le jour à l’hôtel de ville de Grenville-sur-la-Rouge (GSLR), le 3 novembre dernier. Une exposition qui, de la manière dont le Centre pour l’Immigration en région (CIR) la présente jusqu’au 30 novembre prochain, se veut beaucoup plus festive que sa thématique le laisse croire.

« C’est une fête encore méconnue ici, qui attire les gens lorsqu’ils la découvrent. Elle a quelque chose de mythique, voulant donner espoir qu’il y a une autre vie après la mort », raconte Gabriel Garcia, directeur général du CIR, et un des quatre photographes à exposer ses œuvres pour l’occasion.

Pour faciliter l’approche avec les gens qui seraient moins familiers à cette célébration, l’organisateur de l’exposition ne cache pas avoir lancé un défi de taille aux autres photographes y participant.

« Il y a évidemment les crânes et les squelettes, mais il y a aussi les fleurs et les chandelles qui sont des symboles importants. Le défi était vraiment de ramener ça à quelque chose de plus joyeux… même si on parle de la mort », précise-t-il.

Un « échange culturel » important

Pour ce qui est de la partie de l’exposition de Gabriel Garcia, ce dernier a choisi de s’inspirer de l’une des figures importantes de la célébration, soit « La Catrina ».

À partir de cette dernière, il a maquillé ses modèles, des volontaires mexicains arrivés récemment dans la région pour y travailler, et les a photographiés dans différents cimetières d’Argenteuil.

« Mon but était vraiment de mélanger les deux cultures, d’avoir El Catrina, avec les couleurs [d’automne] de la région en arrière-plan […] », a notamment indiqué celui qui est d’origine mexicaine et autochtone.

Retour au Mexique

Alors que Gabriel Garcia offre un mélange culturel, le photographe originaire de Mexico, Fernando Calderon propose quant à lui une immersion dans les rues de son pays d’origine.

« Quand je prends des photos, j’aime entrer en contact avec les gens […], montrer de l’art avec des gens, aux gens », explique le photographe qui se spécialise dans l’art urbain, citant notamment ses photos prises dans un marché mexicain.

Pour répondre au défi de Gabriel Garcia, qu’était de faire quelque chose de joyeux sous le thème de la mort, il choisit de représenter l’aspect festif de la fête des Morts.

« C’est une tradition au Mexique, [comme on le voit sur l’une de ses photos] on va par exemple mettre sur un autel toute la nourriture que le mort aimait, pour célébrer sa vie », raconte Fernando Calderon.

La culture « à bras ouvert »

Cet échange culturel, il peut aussi se faire dans le sens inverse. La photographe québécoise Virginie Filiatrault en est un bon exemple, elle qui s’inspire de la culture mexicaine pour ses œuvres.

Cependant, elle précise que son but n’est pas de faire de l’appropriation culturelle et qu’elle fait ses œuvres « dans les règles de l’art ».

« Je ne crois pas que j’aurais osé le faire par moi-même, mais ça fait quatre ans que je viens aux festivités du jour des Morts et cette année Gabriel m’a demandé si je voulais participer », indique celle qui considérait cette invitation comme une « approbation » nécessaire, venant de celui qui est aussi le modèle de quelques-unes de ses photos.

Une fois cette approbation acquise, la suite des choses n’a ensuite pas été trop compliquée pour la photographe.

« La culture mexicaine, c’est une culture que j’adore et qui m’a toujours intéressé. C’est tellement une culture inspirante que ça a été super easy going ensuite », ajoute-t-elle.

Un phénomène qui prend de l’ampleur

Pour ce qui est de la fête des Morts, Virginie Filiatrault n’est pas la seule Québécoise à s’y intéresser. Gabriel Garcia, qui organise des festivités liées à cette dernière depuis maintenant quatre ans le remarque aussi.

« Depuis quatre ans, chaque année, on voit les gens revenir, mais aussi des nouveaux arriver », constate-t-il en citant que cela ne se voit pas qu’au Québec, mais aussi un peu partout dans la culture populaire.

L’essor pour cette fête hors du Mexique, il a selon lui débuté en 2003, alors que l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a classifié la fête des Morts du 1er et 2 novembre au Patrimoine mondial.

Une montée qui s’est poursuivie dans les années suivantes, avec la présence de la Fête au grand écran, notamment dans le film Spectre, de la série James Bond (2015) et avec Coco, produit par Disney et s’adressant donc aux plus jeunes en 2017.

Pour en revenir à la région, bien que les festivités de cette année soient déjà terminées, son exposition, elle, sera présente à l’hôtel de ville de GSLR jusqu’au 30 novembre prochain. Une exposition de près de 40 photos prises par les artistes Virginie Filiatrault, Gabriel Garcia, Fernando Calderon et Carlos Fernandez Hernandez, en plus d’une dizaine de sculptures présentées par les jeunes artistes du Carrefour Jeunesse-Emploi d’Argenteuil.