le Lundi 5 Décembre 2022
le Vendredi 6 mai 2022 9:15 Faits divers

SÉGUIN REALTY LTD : 40 ANS ET 3 GÉNÉRATIONS DANS LE MONDE DE L’IMMOBILIER

L’achat d’une propriété familiale est devenu une opération de plus en plus complexe pour quiconque en est à sa première expérience et même pour ceux et celles qui l’ont déjà vécue auparavant; il est définitivement nécessaire de posséder un bagage de connaissance en finances et en législation immobilière pour s’y retrouver et s’y sentir un tant soit peu confortable. D’autant plus que la situation pandémique dans laquelle nous vivons depuis trois ans est venue envenimer les choses, les propriétés même les plus modestes affichant des prix exorbitants. Le gouvernement fédéral s’en est mêlé, compliquant d’autant plus la situation et la prise de décision pour quiconque aspire à faire l’acquisition d’une première propriété : d’une part, la banque du Canada hausse le taux directeur ce qui fait implicitement augmenter le taux d’intérêt hypothécaire une fois rendu à échéance, d’autre part le gouvernement fédéral initie un programme d’aide à l’accession à la propriété via un compte bancaire exclusif de type CELI. À moins d’avoir les connaissances requises, aussi bien parler latin comme dans les messes d’avant 1965 : on faisait semblant de comprendre et de se montrer pieux sans avoir la moindre idée de ce qui se disait, ce à quoi on répondait de bon cœur et tous en choeur AMEN!  Si votre expérience immobilière ressemble à ça, devient de plus en plus frustrante et désolante malgré toutes vos recherches et vos efforts, l’aide est au bout du fil ou du clavier, et elle est gratuite : l’agence immobilière, ses courtiers (ères) et agents (tes). Notre région est-ontarienne et ouest-québécoise est bien nantie de plusieurs agences, certaines nationales, d’autres familiales.

LE RÉGIONAL a profité de l’occasion de cet article pour à la fois célébrer le 40eanniversaire d’une petite agence immobilière familiale locale et obtenir de judicieux conseils de ses experts sur la situation actuelle dans la région.

La firme immobilière SÉGUIN REALTY LTD a vu le jour en 1982 et acquis au fil de ses 40 ans d’histoire une réputation d’excellence; Carole Séguin, courtière, son fils Francis Roy ainsi que Samuel Hébert y sont représentants des ventes et tous trois nous ont accueilli à leurs bureaux pour l’occasion.

LE RÉGIONAL : Félicitations Carole d’avoir atteint ce jalon significatif dans l’histoire de votre petite entreprise, d’avoir survécu à toutes les embûches rencontrées au cours de ces 40 années. Si nous faisions un retour en arrière aux tous débuts de l’entreprise et à tes propres débuts à toi ainsi que tes motivations à faire de l’immobilier, une carrière qui dure encore.

CAROLE : Mon parcours est un peu une suite logique de plusieurs facteurs : mon père, Laurier, a fait carrière comme représentant des ventes,  d’abord plusieurs années dans le milieu de l’automobile chez Allen Motor Sales de Hawkesbury, concessionnaire Dodge/Chrysler/Plymouth; cependant, le stress important vécu quotidiennement dans le milieu des ventes et sa santé l’ont amené à rediriger sa carrière vers l’immobilier, ce qu’il a fait chez Bonin Real Estate, un courtier local, en 1975; pendant mes études secondaires, je travaillais au secrétariat de l’agence, à temps partiel, fins de semaines et vacances d’été, à être hôtesse pour les visites libres (‘open house’)à un moment où le quartier du Mont-Roc était en pleine effervescence; et j’y ai pris goût. Mes études secondaires terminées, mon père m’a suggéré de suivre les cours requis pour devenir moi-même agente immobilière, ce que j’ai fait.

En 1982,  je n’étais âgée que de 18 ans alors, nous nous sommes détachés de Bonin Real Estate et avons ouvert une agence de Giroux Real Estate; c’était impossible d’avoir notre propre agence à nous puisque je devais travailler deux ans dans le milieu avant de pouvoir devenir courtière, ce que j’ai fait en 1984; et nous avons alors fondé Séguin Real Estate, qui roule dans le décor de Hawkesbury depuis.

LE RÉGIONAL : À l’époque, le nombre d’agences immobilières était très limité alors qu’aujourd’hui, elles sont légion et que le client a l’embarras du choix en services immobiliers. Est-ce que ça devient plus difficile pour les petites agences familiales comme la tienne vis-à-vis les agences nationales?

CAROLE : Oui et non; c’est vrai que la base de clients est répartie entre plusieurs agences et agents, mais le fait que la réputation que notre agence s’est forgée depuis 40 ans est un facteur important dans notre survie et notre succès; nous travaillons tous très fort à faire un succès de nos expériences avec nos clients et le fait que nous soyons nous-mêmes de la région est un facteur important, ainsi que l’avantage d’être souvent familiers avec l’historique de plusieurs propriétés.

LE RÉGIONAL : Conséquence indirecte de la pandémie qui a ‘groundé’ les gens, les a forcés à travailler à domicile et, ce faisant, à économiser et à reconsidérer leur style de vie, plusieurs ont profité de l’occasion pour ‘magasiner’ une propriété, ce qui a souvent résulté en offres multiples, en prix exagérément élevés, en poursuites légales liées à des ventes précipitées ou sous pression (clause d’inspection levée, clause de financement levée,…). Comment devient-il possible à une jeune famille à revenus modestes, qui s’y connait peu en construction, en transaction immobilière, en financement, et qui veut faire l’achat de sa première propriété, de compétitionner?

FRANCIS : C’est vrai que c’est un défi, mais pas nécessairement insurmontable : le choix d’un  bon agent est fondamental. Il faut y aller une étape à la fois, être patient et faire l’éducation de notre client à chaque étape de la transaction, éviter d’aller au-delà de ce qui est possible, être prêt quand l’opportunité se présente : pré-qualification financière sécurisée à l’avance, stress test financier préalable avec une institution bancaire. Les occasions sont encore là : il faut être prêt et agir vite, agent ET client.

LE RÉGIONAL : Francis et Samuel, qu’est-ce qui a amené deux jeunes hommes dans la vingtaine comme vous à faire un choix de carrière en vente immobilière, un milieu très compétitif où les premières années sont sûrement difficiles et financièrement ‘maigres’?

FRANCIS : Malgré que mon grand-père et ma mère travaillaient tous deux en immobilier et étaient propriétaires de leur propre agence, jusqu’à l’âge de 21 ans, je n’avais aucun intérêt à me joindre à eux : mon objectif de carrière était mon obsession : police, police, police! Après mes études à l’académie de police, je me suis rendu compte que ce n’était pas vraiment ma place et c’est alors que j’ai pris la décision de me diriger vers une carrière en immobilier : les débuts ont été difficiles puisque le style de vie est exigeant (être disponible 7 jours sur 7); mais une fois l’adaptation faite, c’est un travail très motivant et très enrichissant pour quelqu’un qui, comme moi, est à l’aise en public.

SAMUEL : Quant à moi, mes études et mon début de carrière ont connu plusieurs détours : plus jeune, j’étais très intéressé par l’architecture; mais comme Francis, j’ai choisi de m’inscrire en techniques policières au CEGEP; comme Francis également, je me suis rendu compte que ce n’était pas vraiment ma place et j’ai décidé de poursuivre des études à l’université pour un Bac en administration qui m’a amené à devenir conseiller financier pour une banque. Peu après, j’ai eu l’occasion de rediriger ma carrière en immobilier, j’ai donc fait mon cours, toujours avec Francis, je l’ai complété avec succès et entrepris une nouvelle carrière. C’est sûr que les débuts sont difficiles : il y a beaucoup de choses à apprendre sur place, mais le métier rentre bien, et petit à petit, je me sens à ma place et confortable dans ce milieu de travail.

LE RÉGIONAL : 40 ans, sûrement des années dures, des années fastes, des années étranges et imprévues comme celles de la pandémie; en survol rapide, ça se résume à quoi?

CAROLE : Malgré toutes les conditions favorables ou parfois défavorables comme la fluctuation des taux d’intérêt, la surenchère, la rareté d’inventaire, notre agence n’a jamais connu ce qu’on peut appeler de ‘mauvaises années’ : notre travail professionnel et la réputation que nous nous sommes bâtie font que les gens qui envisagent une acquisition ou une vente immobilière nous font confiance et sont conscients et assurés que nous travaillons pour eux, pas pour notre propre intérêt personnel ou financier.

FRANCIS : Si tu fais bien ton métier, tu vas réussir…

SAMUEL :…indépendamment des conditions; le métier fluctue constamment en fonction des nouveaux plans d’aide à l’accession à la propriété offerts par les divers paliers de gouvernements; il faut savoir rester en contrôle et d’actualité.

CAROLE : On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait, mais il s’annonce bien et notre agence est prête à y faire face. Plusieurs projets domiciliaires sont présentement à l’étude ou dans leurs derniers stades d’approbation dans la région: si et quand ils se concrétiseront sera un moment excitant pour la ville de Hawkesbury qui est en manque sérieux de logements pour attirer les travailleurs dont nos commerces et industries ont besoin.

FRANCIS : Hawkesbury, comme l’ont déjà réussi Rockland, Embrun, Casselman, même Wendover, pourrait attirer les gens des villes à venir s’établir en milieu semi-rural; c’est une tendance de plus en plus populaire!

LE RÉGIONAL : Merci à vous trois pour votre accueil et votre partage d’idées. Et je vous réitère toutes nos félicitations! On se donne rendez-vous dans 10 ans pour célébrer votre 50e?

(Réponse probable et anticipée…)

CAROLE, FRANCIS, SAMUEL : Deal! Signe ici SVP!