le Vendredi 9 Décembre 2022
le Jeudi 28 avril 2022 13:00 Société

Victoire du SANB contre le Lieutenante-Gouverneure

La Lieutenante gouverneure du Nouveau-Brunswick ne peut être unilingue, a tranché jeudi la Cour du Banc de la Reine. Selon la Cour, elle n’a pas les compétences linguistiques pour s’acquitter adéquatement de ses tâches. C’est la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) qui a contesté devant les tribunaux la nomination de Brenda Murphy, qui ne maîtrise pas le français. Selon  Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB, ce jugement est important pour l’avenir, car il envoie « un message positif sur l’égalité des communautés linguistiques officielles ».

Ce jugement a-t-il un impact sur les compétences linguistiques requises d’un gouverneur général ? Si selon la Cour, la Lieutenante gouverneure du Nouveau-Brunswick n’a pas les compétences linguistiques pour s’acquitter adéquatement de ses tâches que dire de la nomination de la Gouverneure générale du Canada Mary Simon. La nomination de madame Simon a soulevé un tollé de la part des groupes de la défense du français, mais également de la part des personnes qui soutiennent le bilinguisme au Canada.

Lors de la nomination de madame Simon, plus de 400 plaintes officielles furent reçues par le commissaire aux langues officielles. Pour le commissaire Raymond Théberge, ces plaintes sont recevables et cette enquête visera le Bureau du Conseil privé. La commission est arrivée à une conclusion que le gouvernement fédéral a reconnu et promu le statut et l’usage du français lors du procédé et que les plaintes n’étaient pas fondées. Cependant à la lumière de la décision de la Cour du Nouveau-Brunswick, les conclusions du commissaire semblent remises en question. L’argument que la Charte ne requiert qu’un « bilinguisme institutionnel », et que le poste de Lieutenant gouverneur comme « titulaire de la charge » n’exige pas le bilinguisme a été rejeté par la cour et elle juge cet argument trop simpliste.

Dans son premier discours, lors de l’annonce de sa nomination, madame Simon a parlé en inuktitut et en anglais avec une phrase en français qu’elle a lue avec peine. Madame Simon blâme le gouvernement du Canada et maintient que les écoles du gouvernement fédéral lui avaient « refusé la chance d’apprendre le français ». Ce qui n’explique pas son manque d’intérêt d’apprendre le français lors d’une longue carrière dans la diplomatie, incluant le poste d’ambassadrice du Canada au Danemark.

Peu de gens le savent, mais Rideau Hall n’est pas la seule résidence officielle de la Gouverneure générale du Canada. Dans les enceintes de la Citadelle de Québec, ce lieu chargé d’histoire, est la seconde résidence officielle des gouverneurs généraux du Canada depuis 1872. La Citadelle est la maison-mère du Royal 22e Régiment, l’illustre régiment Canadien français. Le général Vanier, qui était membre du régiment et le premier Gouverneur général canadien-français du Canada, y est enterré. Ironiquement, madame Simon, qui est le symbole d’un recul historique du français, réside dans l’enceinte de ce qui est un symbole du sacrifice ultime de milliers de soldats canadiens-français.