le Vendredi 9 Décembre 2022
le Lundi 22 novembre 2021 16:42 Société

Un prix provincial pour Stéphanie Simard

Le 29 octobre dernier, à Toronto, Stéphanie Simard a remporté le prix jeune cadre du gala RelèveOn, destiné à récompenser les jeunes personnes d’affaires francophones de l’Ontario pour leur engagement et leurs accomplissements. Pour la résidente de Plantagenet, c’est son travail acharné en tant que directrice générale de la télévision communautaire de Clarence-Rockland (TVC22) qui est récompensé.

« C’est aussi le prix de toute l’équipe de TVC22, en plus d’être une victoire pour toutes les entreprises communautaires qui sont capables d’accomplir de grandes choses avec un budget restreint », a-t-elle affirmé, en soulignant que ce type de prix récompense normalement de bien plus grandes entreprises.

Originaire du village de Bourget, dans la cité de Clarence-Rockland, Stéphanie Simard se définit comme une enfant timide, ayant des difficultés à parler en public. Choisissant d’abord l’enseignement, elle part étudier à l’Université d’Ottawa, où elle va véritablement « sortir de sa coquille » et s’ouvrir davantage sur le monde. Elle changera ensuite de voie pour s’orienter vers la psychologie, mais ce ne sera pas non plus sa dernière destination en matière de choix de carrière.

« Je faisais beaucoup de bénévolat pour des lignes d’aide, mais je finissais toujours par trop m’impliquer émotionnellement dans mes dossiers », se rappelle-t-elle.

Vers la gestion d’entreprise

Mettant la psychologie de côté, elle débutera sa carrière en gestion d’entreprise à l’âge de 24 ans seulement. Pour débuter dans sa nouvelle voie, après un passage à Ottawa et Québec, elle décide de « rentrer à la maison » dans la région de Prescott-Russell. Une fois revenue, elle fera ses débuts dans les médias, notamment à la direction des Éditions André Paquette. C’est toutefois à l’approche de la trentaine qu’elle prendra l’une des décisions les plus importantes de sa carrière.

« J’ai eu une ‘crise de la trentaine’, si on peut appeler ça ainsi, où je me remettais beaucoup en question. Parallèlement à ça, j’ai eu mon premier enfant et c’est durant mon congé de maternité qu’on m’a offert la direction de TVC22 », se remémore-t-elle, en disant que malgré le défi ‘complètement fou’ que cela représentait, elle accepta l’offre.

TVC 22

Ce défi, elle passera quatre ans (jusqu’à cette année) à y travailler. Avec des ressources limitées, elle réussira contre toute attente à redorer l’image de la TVC22. Un travail d’autant plus impressionnant en sachant que le monde de la télévision communautaire semble aller dans la direction opposée et que plus de 80% d’entre elles ont fermé au cours des 20 dernières années. Cette amélioration, elle la doit notamment à sa capacité à toujours vouloir travailler davantage.

« Durant quatre ans, j’ai conservé l’impression de ne jamais en faire assez. Se pousser à l’extrême est un peu le joug des gestionnaires, mais en même temps, sans cela, je n’aurais jamais pu accomplir ce que j’ai accompli », affirme-t-elle.

Ce qu’elle a accompli, elle ne l’a toutefois pas réalisé tout de suite. D’ailleurs, le processus qui a mené à son couronnement au gala RelèveOn lui a vraiment permis de se remémorer ses beaux moments à la TVC22.

« Au quotidien, on ne voit pas toujours que les choses avancent, mais en mettant tout ce que j’ai fait par écrit, j’ai réalisé que finalement, j’étais loin d’avoir travaillé pour rien », indique la récipiendaire du prix jeune cadre, réservé aux personnes de moins de 40 ans et choisi par 20 panélistes

Nouveau défi

Initialement, le gala devait avoir lieu en mai, mais a été repoussé à cause de la COVID-19, mais même sans gala, le mois de mai de la gestionnaire fut tout de même très chargé. Durant ce mois, avec le sentiment de devoir accompli, elle décidera de quitter la TVC22 pour un nouveau (et immense) défi, la direction d’Unique FM à Ottawa.

« Je suis davantage sur la route, mais c’est important que je sois présente sur place, surtout au début, et ça me fait réaliser l’importance des bulletins de circulation de la radio », indique-t-elle, en ajoutant que c’est grâce à son travail à la TVC22 qu’elle se sentait prête à diriger Unique FM.

Bref, même si RelèveOn a très ironiquement oublié d’écrire « jeune » avant « cadre » sur son prix, son ascension n’en a pas été moins rapide. Elle est donc bien placée pour conseiller d’autres jeunes filles qui rêveront un jour de diriger une entreprise.

« Le meilleur conseil que je peux donner est de toujours avoir confiance en soi et à ses capacités », conclut celle qui dit avoir toujours su trouver sa motivation en voulant prouver, à tous ceux qui disaient qu’elle ne pouvait pas faire quelque chose, qu’ils avaient tort.