le Vendredi 9 Décembre 2022
le Lundi 1 novembre 2021 11:51 Société

MDIQ débarque en Ontario

Depuis maintenant quelques mois, sans tambour ni trompette, l’organisme Meurtres et Disparitions Irrésolus au Québec (MDIQ) a ouvert une nouvelle filière pour aider les familles ontariennes du secteur de Prescott-Russell à retrouver ou résoudre la disparition de leurs proches. Un travail délicat qui nécessite pourtant un maximum de visibilité.

« Si tu n’en parles pas, les gens ne sauront pas ou ne diront rien », indique Gaston Lepage, résident de Hawkesbury et administrateur de cette nouvelle division ontarienne.

Le rôle de l’organisme? Poser des affiches, organiser des campagnes de financement, faire de la photographie et des vidéos explicatives, mener des recherches, autant sur le web que sur le terrain.

« Tout ce qui peut aider les familles en fait », affirme celui qui a posé plus de 60 affiches dans les derniers mois, en plus d’avoir bâti et fourni une immense base de données à MDIQ pour qui il œuvre depuis maintenant plus d’un an.

Des exemples plus près qu’on le pense

Quand on entend aux nouvelles qu’une personne disparait, qu’une enquête n’aboutit pas et que l’aide du public est demandée, il est souvent difficile de se sentir concerné par la situation pour des réseaux géographiques. Toutefois, si l’organisme a décidé d’ouvrir une filière pour la région de Prescott-Russell, c’est qu’il y a bel et bien des cas qui touchent la région. Jessica Godin par exemple, une jeune femme de 18 ans de Casselman, retrouvée sans vie dans un fossé du village de Fournier en septembre 2011. Dix ans plus tard, son meurtrier court toujours, et ce malgré une récompense allant dans les six chiffres pour des informations qui mèneraient à son arrestation. Marylin Bergeron, en est un autre exemple, disparue en 2008 de la région de Québec, elle aurait été aperçue en 2010 par plusieurs personnes de Hawkesbury avant de ne plus refaire surface (elle a aujourd’hui 37 ans).

Malaise chez les municipalités

Depuis qu’il a joint l’équipe de bénévoles de MDIQ, Gaston Lepage dit avoir toujours eu droit à un « grand support » de la part des citoyens, toutefois ce n’est pas la même chose du côté des municipalités. Il cite l’exemple du village de Fournier qui ne lui a pas donné la permission, même en payant, de mettre des pancartes de Jessica Godin dans des lieux publics qui sont pourtant parfois inondés de pancartes électorales. Il mentionne aussi la ville de Hawkesbury qui lui impose parfois une « durée maximale » pour maintenir une pancarte en place. Des situations que n’apprécie guère l’administrateur de la filière ontarienne.

« C’est frustrant car ce sont des gens de notre société, ce sont leurs citoyens à eux autres et ça me fâche de voir que certaines municipalités veulent faire comme si ces gens n’existaient pas pendant que ce sont les familles qui écopent », a-t-il affirmé avec émotion.

Actuellement, MDIQ compte plus de 113 dossiers, ouverts à la demande des familles concernées, incluant deux en Ontario, où la division a débuté à la fin du mois de juin. Une personne qui voudrait se renseigner sur l’organisme, y contribuer, donner ou chercher des informations peut le faire en se rendant sur son site web, soit le « meurtresetdisparitions.com » ou par téléphone au (819)-200-4628.