le Vendredi 9 Décembre 2022
le Mardi 2 février 2021 14:34 Hawkesbury

Valeur de 4,5 M$, affiché à 299 000$. Le Collège d’Alfred est à vendre

Surprise du côté d’Alfred-Plantagenet: le gouvernement de l’Ontario, propriétaire d’une partie du campus du Collège d’Alfred, a mis en vente ce dernier la semaine dernière. Pour sa part, la municipalité a démontré de l’intérêt pour être cet acquéreur.

C’est la firme de courtage immobilier CBRE qui s’occupe de la vente du site pour le compte du gouvernement ontarien. La propriété de 5,02 acres est offerte à 299 000$ et comprend cinq bâtiments distincts. Il s’agit du collège en tant que tel, un bâtiment de deux étages de 72 300 pieds carrés; de la résidence de 15 900 pieds carrés sur deux étages comprenant 54 chambres simples et doubles; du centre récréatif de 24 120 pieds carrés qui comprend une piscine et un gymnase; et finalement, de deux bâtiments pour l’entretien et l’entreposage totalisant près de 11 900 pieds carrés.

Soulignons aussi qu’il ne s’agit que de la partie nord du campus qui est en vente, la partie sud ayant déjà été cédée à la Ferme d’éducation et de recherche du campus d’Alfred (FERCA), fondée par l’Union des cultivateurs franco-ontariens.

Stéphane Sarrazin, maire d’Alfred-Plantagenet, indique ne pas être tout à fait surpris de la décision du gouvernement ontarien de mettre sur le marché le campus. «Il y a un an, j’ai discuté avec l’Institut de recherche agricole de l’Ontario (IRAO), qui s’occupait de gérer les bâtiments, et on m’a dit que le processus pour disposer de l’endroit était déjà enclenché, déclare-t-il. Mais on a toujours cru que ce processus allait être renversé dès que l’on aurait présenté notre demande [de se porter acquéreur de l’endroit].»

En effet, cela fait quelques temps déjà que la municipalité et les Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), dont monsieur Sarrazin est aussi le président pour 2021, ont démontré de l’intérêt pour le site auprès du gouvernement. Le maire de la municipalité rappelle qu’une visite de l’endroit avec Ernie Hardeman, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, a eu lieu il y a un an lors de laquelle les élus locaux lui ont souligné les différentes opportunités qu’offre le site.

«On lui a demandé plus ou moins de nous offrir la même entente que l’Université de Guelph avait avec le gouvernement pour l’entretien des bâtiments au cours des dernières années où celle-ci s’en occupait, indique monsieur Sarrazin, ajoutant que ces coûts varieraient entre 600 000 et 700 000$ par an. Monsieur Hardeman nous a demandé une étude de faisabilité. On a eu le temps de faire une seule rencontre avec des partenaires avant que la Covid-19 n’arrive.»

Pas cher mais avec des coûts élevés

Monsieur Sarrazin indique qu’il ne faut pas se laisser leurrer par le faible prix demandé par le vendeur. «Ce n’est pas parce que tu arrives demain avec un chèque de 299 000$ que tu vas avoir automatiquement la propriété, dit-il. Beaucoup de monde démontre de l’intérêt mais peu de gens savent combien l’endroit demande beaucoup de frais.»

Outre les frais d’entretien annuels élevés mentionnés plus haut, le maire souligne que l’évaluation municipale de 4,5 M$ du site signifie aussi un compte de taxes représentant près de 10 000$ par mois. C’est sans compter les montants qu’il faudrait investir afin de transformer les lieux si l’on décide de lui donner une nouvelle vocation.

Monsieur Sarrazin indique aussi croire que la municipalité aura son mot à dire sur les éventuels acheteurs de l’endroit tout en signifiant que les instances locales dont il fait partie sont aussi intéressées à être cet acheteur.

Projets

Malgré cette mise en vente, le maire de la municipalité croit que les autorités municipales sont encore dans la course pour se porter acquéreur des lieux. «On croit que l’on est encore dans le portrait même si ça peut avoir l’air un peu naïf, dit-il. Mais au bout du compte, si le bâtiment se vend, c’est parce qu’il va y avoir quelque chose qui va partir à cet endroit.»

«On aimerait que le gouvernement nous donne la même chance qu’il avait donnée à l’Université de Guelph: s’ils peuvent nous donner un chèque pour payer l’entretien pendant deux ans, ça nous donnerait la chance de se placer, de trouver des programmes à mettre là, à trouver des organismes et à former une corporation, illustre le maire. Si on garde la vocation institutionnelle, il n’y aura pas de taxes à payer. Si on peut former une corporation à but non lucratif, je crois que l’on va être bien positionné.»

Selon lui, divers projets pourraient voir le jour au campus si les CUPR ou la municipalité se portent acquéreur du site. Formation professionnelle, centre communautaire ou encore point de service gouvernemental sont au nombre des idées.

«Il y a plein de potentiel et on attend des nouvelles du ministre de l’Agriculture, conclut monsieur Sarrazin. Mais de la façon dont on veut faire ça, ça ne coûterait rien aux payeurs de taxes si le gouvernement nous donne la même chance qu’à l’Université de Guelph. Mais on veut qu’il y ait une relance, peu importe que ça vienne du privé ou d’un organisme public.»

La firme CBRE indique qu’aucune offre d’achat ne sera examinée avant le 8 mars prochain.