le Dimanche 4 Décembre 2022
le Jeudi 18 juin 2020 21:17 Société

Contrer le racisme

Trop souvent «l’Autre», celui ou celle qui est différent de sa personne, est perçu de manière péjorative, victime de violences, victimes de préjugés. Le racisme est un fléau qu’il nous faut enrayer. Anna Kouao, Amelia Kouao, Georgia et Nora Dawood, le quatuor d’instigatrices responsables de l’événement WE ARE ONE de vendredi dernier à Vankleek Hill, voulait nous le rappeler.

Elles ont pacifiquement manifesté avec la centaine de personnes présentes. Tous respectaient les mesures sanitaires pandémiques en place. Leur message à tous est clair: «On voulait prendre position contre le racisme, le dénoncer dans un événement positif, constructif. Le racisme est inacceptable. Dénonçons-le. Arrêtons le racisme!», disent-elles en ajoutant que l’on peut changer les choses pour le mieux en aidant les causes qui respectent tous et chacun pour qui ils sont, avec dignité. «Nous aimerions que le racisme disparaisse».

Après la marche de 1 km, qui dénonçait les comportements racistes, la xénophobie, le ségrégationnisme, en prônant le partage culturel et le respect mutuel; le groupe s’est agenouillé, avec les policiers présents, pour un 8 minutes de silence respectueux en mémoire des victimes de profilage et de cette discrimination raciale à condamner en ce monde.

Les gens portaient des messages tel celui-ci: «Seule notre lessive devrait être séparée par couleurs», «Une vie importe», «BLM», «Le racisme est une pandémie», «Soyons le changement».

Modifier la culture humaine pour le mieux

Emilie Lovitt, participante qui est double citoyenne canado-américaine, a souligné que c’était un devoir collectif et moral pour elle que d’être présente: «Ça me fait chaud au cœur de voir autant de marcheurs aujourd’hui. Je suis très heureuse aujourd’hui. La condition du racisme aux États-Unis et ici m’attriste au plus haut point. Les gens sont tués et meurent en raison de la couleur de la pigmentation de leur peau! Toutes ces victimes sont des gens qui ont des familles. Nos enfants à l’école doivent apprendre le respect et l’histoire du racisme», tout en marchant.

Maria Gratto est frustrée et fâchée de devoir marcher puisque pour elle, le racisme ne devrait pas exister et persister de nos jours. Bien au contraire. «J’aimerais l’égalité pour tous. Nous aussi on est outré par le racisme. Tous devraient être égaux. Le racisme est un comportement acquis, appris. Même les enfants se demandent pourquoi? On ne devrait pas avoir à protester». Elle espère que les enfants de demain condamneront le racisme partout où ils en témoigneront.

Emma McGurk et Kara-Michelle Turcotte notent vouloir la parité pour tous: «Si nous étions victimes de racisme, nous aimerions que d’autres comme vous et moi aujourd’hui, se lèvent et prennent acte pour l’éradiquer. Ce n’est pas respecter leurs droits que de marginaliser les gens nés avec une peau différente de la nôtre. Ça ne devrait pas faire l’objet de débat en 2020. On devrait faire tomber les stigmas et respecter l’ensemble de notre communauté. Nous n’arriverons jamais à la parité tant que tous ne seront pas perçus comme égaux.»

Tous partagent ces propos et vous demandent de vous prononcer contre les comportements à connotations raciales, comme l’appropriation culturelle. Maxime Lampron résume: «Ce type de protestation changera les choses. Restez acteurs de changement.»

Steve Beauchesne, copropriétaire de la Brasserie Beau’s et sa famille ont pris part à cette marche. «Je suis fier d’être ici aujourd’hui» dit-il en saluant le leadership des jeunes femmes responsables de la tenue événementielle. Son entreprise agit contre toute forme de racisme et invite tous entrepreneurs à épouser le mouvement antiraciste. «J’aimerais que l’on conserve cette volonté de changement et que nos enfants le perpétuent pour des générations futures.»

Puissions-nous dénoncer le racisme quand nous le voyons et offrir une écoute active aux victimes de ce fléau et autre type de pandémie meurtrière.

Photos: Stéphane Bourgeois