Qui dit avril dit printemps, dégels et regels successifs, temps des sucres pour les acéricultures, artisanales ou commerciales. Et, conséquence logique, qui dit temps des sucres dit ‘cabanes à sucre’ ou ‘sugar shacks’ avec une touche d’anglais dans son mot. Comme diraient nos ancêtres dans leur langue colorée, l’est ontarien est mal ‘grayé’ en cabanes à sucres traditionnelles ‘à la québécoise’ où l’on sert des repas/brunch gargantuesques composés de produits typiques du terroir : œufs à l’érable, cretons, saucisses, pain de fesse, bines-maison, crêpes… : nous n’avons pu qu’en identifier trois dans notre région immédiate ou voisine : la ferme/cabane à sucre Drouin de Casselman (ouverte), la ferme/érablière Proulx de Cumberland, ainsi que Charlebois et filles à St-Philippe; la Sucrerie du ruban à Ste-Anne-de-Prescott a fermé sa cuisine cette année. Les résidents de la région Hawkesbury/Champlain/Grenville qui désirent se payer une traite et se sucrer le bec ont cependant le choix d’une multitude de cabanes à sucre typiques à moins d’une heure de route : Rigaud, Mirabel, Papineauville, L’Ange-Gardien sont devenus au fil des ans des endroits privilégiés, très fréquentés et appréciés pour leurs délices-maison!
Bien que la visite annuelle à la cabane à sucre soit une tradition québécoise, elle se développe un peu partout au pays; espérons qu’elle se propagera au même rythme fou que la poutine l’a fait! En Ontario francophone, ce sont les Pères blancs d’Afrique (!) qui ont construit la première cabane à sucre dans la forêt Richelieu de l’ancienne ville de Vanier; c’était dans les années 1940; après leur départ une trentaine d’années plus tard, la cabane est abandonnée, puis détruite. Ce n’est que dans les années 1990 que des bénévoles désireux de poursuivre la tradition l’ont reconstruite au même emplacement, son plafond fabriqué du bois d’arbres abattus suite à la tempête de verglas; elle ouvrira ses portes en 1999 et on dit que c’est la seule située en milieu urbain à travers le Canada; elle fait maintenant partie du Muséoparc Vanier et un Festival des sucres s’y tient chaque année.
Les nouvelles locales et régionales rapportent qu’il y a une véritable ruée vers les cabanes à sucre présentement, qu’elles sont débordées de réservations et de clients; certaines, à regret, se voient contraintes à couper le nombre de places en salle à manger ou à fermer leurs portes certaines journées moins achalandées (s’il y en a!) par manque de personnel; c’est très dommage qu’une telle situation vienne gâcher la fête !
Son nom scientifique : tulipa. Difficile d’attacher un qualificatif unique pour décrire la tulipe :simple mais élégante, pure et colorée, classique mais parfois audacieuse. La tulipe est une plante à bulbe qui fait partie de la famille du lys; c’était à l’origine une fleur sauvage d’Asie centrale, cultivée par les Turcs dès l’an 1000 pour sa beauté. Elle a fait son apparition en Europe et en Hollande vers la fin du 16esiècle; les biologistes et botanistes en ont fait l’objet de recherches sur ses possibles propriétés médicinales, recherches plus tard abandonnées. C’est dès lors que la tulipe a connu son véritable essor comme plante essentiellement décorative et son marchandage sur les marchés horticoles mondiaux lui ont fait atteindre des prix incroyables et une réputation solide.
Les botanistes ont ensuite commencé à en créer des versions hybrides, toutes plus décoratives et plus ‘osées’ les unes que les autres, et d’une rareté telle que la Hollande a connu des années de ‘tulipomanie’où certains spécimens avaient atteint le prix d’achat d’une maison! Le crash de valeur qui a suivi ramena un certain bon sens dans le marché de la tulipe, la Hollande demeurant malgré tout ‘l’autorité suprême’ en la matière.
La tulipe fait partie intégrale de l’histoire canadienne moderne depuis la deuxième guerre mondiale suite à l’implication des forces armées canadiennes dans la libération de la Hollande des mains des envahisseurs Allemands; la guerre terminée, et depuis 1953, la princesse Juliana et la nation hollandaise ont exprimé leur reconnaissance aux Canadiens en leur faisant don de milliers de bulbes de tulipes, tradition qui se continue encore de nos jours; et chaque année depuis, pendant onze jours de mai, a lieu le Festival canadien de la tulipe qui se tient dans les jardins du Parc des Commissaires où plus de 300,000 tulipes fleurissent simultanément sur les berges du pittoresque lac Dows; c’est le plus important festival du genre au monde! Le photographe de renommée internationale Malak Karsh est considéré comme l’initiateur de ce festival et il a immortalisé la tulipe par plusieurs de ses photos. La tulipe a été consacrée la fleur officielle de la ville d’Ottawa en 2001.
Pendant ce temps, tout près de chez nous à Vankleek Hill… Mike Block et Sandra Bebbington-Block, ayant pris la décision de se re-localiser de St-Lazare, QC, se portaient acquéreurs d’une propriété historique de cinq acres au cœur même du village, ancienne maison de ferme en pierres avec grange, résidence de la famille Don Mahon. Leur rêve et leur défi à la fois était d’en convertir une partie du terrain et de la grange en centre agri-touristique : une plantation de tulipes. Ils devaient auparavant obtenir l’aval de la municipalité de Champlain à en modifier le zonage, ce qui fut fait.
L’idée leur est venue suite à un voyage en Hollande où de petites entreprises du genre sont familières dans le décor. Un système d’auto-cueillette permettra aux visiteurs de cueillir et de former leur propre bouquet tout en s’offrant une belle promenade-santé parmi les rangées de tulipes multicolores, en famille ou entre ami(e)s, et de rapporter un peu de Hollande chacun chez soi!
Impossible de ne pas faire un parallèle avec le merveilleux film de Kevin Costner FIELD OF DREAMS: c’était le rêve de ce couple de nouveaux résidents, de nouveaux voisins, de futurs amis d’offrir du printemps à sa nouvelle communauté; ce sera bientôt le jour J et l’heure H, l’ouverture officielle déterminée par Mère Nature, probablement au début-mai.
Les visites sont sujettes à une réservation et l’accès au champ de tulipes sera de 10$ par adulte; les tulipes sont à 1$ la tige; une boutique pleine de ‘goodies’ offrira vases, pots ainsi que fleurs/bouquets pré-coupés; plus tard en saison, des bulbes seront également disponibles pour vos platebandes personnelles.
Puisque le temps de floraison de la tulipe ne dure qu’environ 3-4 semaines nous avons demandé à Mike et Sandra combien de jours de préparation et de planification ils doivent investir pour un résultat si éphémère, s’ils prévoient que leur entreprise sera financièrement rentable dès le début et s’ils envisagent d’autres ‘rêves/projets’ pour meubler le reste de l’année; voici les commentaires qu’ils nous ont transmis :
‘Notre projet a nécessité beaucoup, beaucoup d’heures de recherche et par la suite, de planification, pendant plus d’une année en fait. Puisque nous continuons tous deux d’occuper notre propre emploi régulier, le peu de temps et d’énergie qui nous restaient étaient consacrés à préparer le succès de notre petite entreprise, notre petit rêve. Nous sommes très fiers des résultats et espérons qu’elle s’avérera profitable dès la première année, malgré d’importants investissements de mise en route. Sitôt la première saison d’affaires terminée, nous pourrons en évaluer la performance : notre charge de travail, la satisfaction-client, la rentabilité, les améliorations à apporter. Nous serons mieux en mesure à la suite de cette rétroaction de déterminer la suite des choses et possiblement l’expansion vers une autre variété de fleurs, qui sait?’
Merci Sandra et Mike; le RÉGIONAL souhaite que votre petite entreprise soit ‘florissante’, qu’elle devienne un signe permanent de printemps et qu’elle apporte à notre communauté un peu des airs et des couleurs de Hollande!
Dans une de ses éditions hebdomadaires de 2021, LE RÉGIONAL consacrait un reportage à l’ancien centre de sports et loisirs Mémorial, à ses transformations successives au fil des ans jusqu’à celles qui ont eu lieu au cours des deux dernières années pour maintenant abriter la banque alimentaire de Hawkesbury; nous avions souligné et félicité le conseil municipal d’avoir choisi de récupérer un édifice historique, bien que sans réelle valeur architecturale, et de le réadapter aux besoins de la communauté; l’alternative aurait été de tout raser, de reconstruire à neuf au coût de ?? millions de $ et de facturer les payeurs de taxes.Dommage pour l’ex-école Christ-Roi qui a dû être démolie faute de preneurs malgré de louables efforts du Conseil.
D’autres édifices institutionnels sont devenus disponibles au cours des dernières années suite à la fermeture d’écoles (L’Assomption, Ste-Marguerite-Bourgeois) et d’églises (L’Ascension et St-Dominique) : les deux ex-églises ont conservé leur cachet et leur ‘look’ original alors que la vocation des deux ex-écoles pourrait amener des ‘relook’plus importants suite à leur ‘rebranding’ : dans certains cas, cette approche a produit de magnifiques résultats : on n’a qu’à penser à l’ancien hôpital Bon Pasteur et à l’ancien hôtel-bar Holiday, tous deux situés sur la rue McGill, et devenus les résidences jumelles pour aîné(e)s du Manoir McGill. Quant aux deux écoles, elles sont maintenant la propriété de deux investisseurs locaux; alors que le sort de l’une est maintenant public et connu, le sort de l’autre est encore indéfini.
Les écoles élémentaires catholiques L’Assomption et Ste-Marguerite-Bourgeois étaient jumelles et des répliques identiques l’une de l’autre; construites à la fin des années 1940, le contrat avait été accordé par le diocèse pour la somme de 84,764.38 $ POUR LES DEUX! La première devait desservir ce qui s’appelait à l’époque Hawkesbury-Est et l’autre Hawkesbury-Ouest. Elles ont ouvert leurs portes simultanément en octobre 1951 après la bénédiction officielle de l’archevêque d’Ottawa, Mgr. Vachon. La photo d’époque de Bernard J. Bogue de la façade de l’école L’Assomption démontre que la structure originale est toujours celle qui se trouve sur place, rue Champlain, aujourd’hui; l’édifice qui abritait l’école Ste-Marguerite Bourgeois a cependant subi des transformations majeures au fil des ans et a peu de ressemblances à l’original.
On a dit de L’Assomption que c’était la première école primaire mixte de Hawkesbury et que ses enseignants originaux étaient surtout des laïcs, alors qu’ailleurs à Hawkesbury, les Frères des Écoles chrétiennes étaient responsables de l’éducation des garçons, les Sœurs grises de la Croix de celle des filles; avant sa fermeture, après une addition arrière, elle comportait douze classes et une grande cour arrière qui jouxtait la rue Cameron. Suite à sa fermeture dans les années 1990, les Sœurs ont perpétué leurs bonnes œuvres sous la direction de Pierrette Leclair, en créant une des premières friperies de la région, un drop-in pour mères célibataires et familles réfugiées et une soupe populaire; elle est par la suite devenue vacante et vendue à l’entreprise locale ASCO Construction.
Considérant le manque de logements abordables à Hawkesbury, un projet de conversion est né, a pris forme, la dernière étape venant tout juste d’être franchie et approuvée par le Conseil municipal le 24 janvier 2022: le changement de zonage de la cote R2 (zonage pour duplex, semi-détaché, unifamiliale) à R4 (zonage pour appartement, duplex, triplex, quadruplex, ‘townhouse’). On y a également approuvé la création de nouveaux lots pour maisons unifamiliales à être bâties plus tard. L’édifice original lui-même comportera une redivision de l’espace intérieur en 17 logements.
Alors qu’un zonage Résidentiel 2 (R2) a pour but de préserver le caractère résidentiel d’un quartier tout en permettant une densité de population et une variété d’habitations supérieure à R1, un zonage R4 permet une encore plus grande variété d’habitations et une plus grande densité de résidents, l’espace physique (le lot lui-même) étant supposément apte à accommoder le tout. Des résidents de longue date de la rue Champlain, ‘une petite rue tranquille’en leurs propres termes, ont fait des démarches pour s’objecter au changement de zonage, mais se sont plus ou moins retrouvés devant un fait accompli, se faisant répondre que l’impact ne serait pas significatif sur leur vie et leur tranquillité.
Lors d’une promenade en auto dans le quartier un après-midi de semaine, tout était calme; mais qu’en sera-t-il si les 17 locataires des 17 logements possèdent tous une automobile et un espace de stationnement réservé à même le terrain? Ou s’ils doivent stationner leur véhicule sur la rue Champlain? Tous devront nécessairement utiliser la rue Champlain comme route d’accès d’entrée et de sortie, puisqu’on n’en planifie pas sur la rue Cameron. Voilà un beau dilemme à résoudre pour les urbanistes de la ville afin de satisfaire tous ses contribuables. Dès que le projet en sera dans ses phases finales, LE RÉGIONAL sera définitivement sur place pour analyser les impacts, si impacts il y a, pour la vie du quartier. Entretemps, nous planifions rencontrer le/la responsable de ce projet chez ASCO Construction pour en confirmer, infirmer et spécifier sa nature et sa réalisation finale. (À suivre!)
Bienvenue printemps, magnifique printemps! Pluies d’avril, fleurs de mai, jonquilles, tulipes…On range son manteau d’hiver et sa tuque, on se débarrasse des pneus d’hiver, de sa ‘gratte’ à neige et de sa souffleuse jusqu’en novembre prochain peut-être… Par contre, chaque nouvelle saison vient avec ses inconvénients.
L’expression ‘nid-de-poule’peut sembler un peu bizarre si on la prend au sens littéral dans un contexte de sécurité routière; au sens figuré par contre et après une recherche sommaire, on peut sourire quant à la provenance de cette expression. On dit qu’elle est née à l’époque où les revêtements de route n’existaient pas dans les milieux ruraux où poules, dindes, oies et autres oiseaux de basse-cour se promenaient librement; la circulation d’ânes, chevaux, carrioles, chariots, tracteurs sur les routes de terre causait des cratères que ces oiseaux s’empressaient d’occuper pour y faire leur ponte. ‘Cute’comme image n’est-ce pas? Plus ‘cute’ encore: si ces cratères se transforment en trous géants, on les surnomme alors ‘nids-d’autruche’!
Alors pourquoi appelle-t-on ces cratères ‘potholes’ en langue anglaise? Une autre recherche sommaire nous permet de découvrir que dans ces mêmes temps de vie rurale et de routes de terre, les potiers en quête de matériaux gratuits creusaient des trous dans ces routes pour en extraire l’argile du sous-sol et en faire des pots, vases, et autres items de poterie. ‘Cute’aussi, non?
Pas si ‘cute’, non, quand on réalise toutes les conséquences directes et indirectes dont ces ‘nids-de-poule/potholes’ sont la cause! Sans compter tous les gros maux et les ‘gros mots’ quand on en rencontre malencontreusement un sur son chemin…
Nos routes modernes sont très majoritairement construites d’un revêtement d’asphalte sur base de pierre concassée. Leur espérance de vie dépend de plusieurs facteurs, les plus importants étant la météo, le climat et le trafic de surface. Dès l’arrivée du printemps, les périodes de gel et de dégel sont fréquentes et c’est l’occasion de voir ces petites ‘cuties’ apparaître, s’élargir, se creuser, et rendre notre vie misérable; le ‘notre’ vie n’inclut pas seulement celle des automobilistes et des camionneurs, mais celle des cyclistes, motocyclistes, piétons, joggeurs, mamans à poussettes, joueurs de hockey-balle…
Le problème fondamental est créé par une brisure d’étanchéité à la surface de la route, qui lui donne un aspect de peau de crocodile; toutes les fissures de surface laissent pénétrer les eaux de fonte de neige et/ou de pluie et affaiblissent la compaction du sous-sol. Le poids de circulation de surface stresse le revêtement de surface qui se brise et cause ainsi des cratères dont l’ouverture s’élargit au fil des passages. Si, entretemps, il y a regel, ces eaux souterraines se transforment en glace, celle-ci prend de l’expansion (10%) et force le revêtement à bouger et se fracturer.
Comment les réparer (ou du moins comme on dit familièrement les ‘patcher’) en attendant une réparation plus définitive? On privilégie une solution d’enrobé à froid, une solution prête pour le colmatage instantané. Certaines municipalités ont même une machinerie spécialisée qui s’occupe de tout le processus, d’autres assignent cette tâche au personnel des travaux publics qui le font manuellement; les résultats varient et sont d’une durée imprévisible, sujets aux caprices de Mère Nature.
Des milliers d’automobiles subissent des dommages majeurs et coûteux causés par des nids-de-poule, les plus courants étant des pneus perforés, des roues pliées ou tordues, un désalignement de roues, des dommages à la suspension et même au châssis lui-même. Certains automobilistes outrés décident de plus en plus de poursuivre la municipalité coupable de négligence pour leurs frais de réparation. Plusieurs municipalités ont, de leur côté, établi une ligne téléphonique spécifique pour rapporter les cas de nids-de-poule et prennent la chose très au sérieux.
Il est presque devenu tradition pour les journaux nationaux ou régionaux et à leurs caricaturistes de tenir un concours annuel de ‘nids-de-poule’ : le plus gros, le plus profond, la forme la plus originale,…ou de suggérer une utilisation particulièrement comique ou un peu débile à un nid-de-poule : seau à champagne, bac à fleurs, baignoire à toutous, pêche à la ligne…
Voici quelques numéros de téléphone/contact utiles pour service de voirie : Comtés unis de Prescott-Russell 613-675-4666, ville de Hawkesbury 613-632-0106, municipalité de Hawkesbury-Est 613-674-2143, municipalité de Champlain 613-678-3003, municipalité d’Alfred-Plantagenet 613-673-4797, municipalité La Nation 613-524-2932, village de Grenville 819-242-2146, municipalité de Grenville-sur-la-Rouge 819-242-8762.
À quand la disparition de ces cauchemars de nids-de-poule? Quand les poules auront des dents! Bon printemps quand même!
L’édition du Régional que vous tenez entre vos mains est parue à mi-chemin entre deux dates significatives à votre calendrier : le dimanche 13 mars, l’heure avançait de 60 minutes et le restera jusqu’à l’automne; quelques jours plus tard, le dimanche 20 mars marquera l’arrivée officielle du printemps (sinon ‘officieuse’, dépendant combien de tempêtes de neige la fin de l’hiver a encore dans le corps).
Cette tradition du changement d’heure est née en Nouvelle-Zélande en 1895 lorsqu’un entomologiste nommé George Hudson a proposé l’adoption du Daylight Saving Time (DST) ou ‘Heure d’été’ afin du profiter de la clarté du soleil pour consacrer plus d’heures à son travail. Chez nous en Ontario, les premières municipalités à adopter ce concept furent Port Arthur et Fort William, le 1ermai 1908; ces deux municipalités se sont par la suite amalgamées pour former Thunder Bay; Orillia a suivi peu après. C’est lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918) que le changement d’heure s’implante comme une mesure pour augmenter la production manufacturière.
L’objectif fondamental était de maximiser la présence du soleil dans l’hémisphère nord au cours du printemps et de l’été; plusieurs politiciens ont convenu du bien-fondé de ce principe et ont adopté des lois ou décrets à cet effet. Mais la controverse a bientôt éclaté quant aux réels bienfaits et aux actuels méfaits de cette pratique qui a peiné à faire l’unanimité.
Au Canada, on a voté une loi en 1987 qui spécifiait que la réglementation de ‘l’heure légale’deviendrait de juridiction provinciale ou territoriale; les provinces canadiennes adoptent souvent les mêmes pratiques que les états américains qui les bordent pour faciliter le commerce entre eux; le Québec a rapidement adopté sa Loi sur le temps légal le 1erjanvier 2007 pour s’harmoniser à celle adoptée aux États-Unis et l’Ontario a fait de même par décret ministériel. La Saskatchewan, le Yukon et une partie de la Colombie-Britannique gardent cependant la même heure tout au long de l’année. D’est en ouest, le Canada compte six fuseaux horaires qui couvrent quatre heures et demie.Environ 70 pays adhèrent également ausystème de changement d’heure, hormis le Canada et les États-Unis : le Mexique, Cuba, le Brésil, l’Australie; la plupart des pays d’Europe ont laissé tomber la procédure en 2018 après l’avoir testée pendant quelques années. L’Ontario a voté une loi en 2019 pour ne plus changer l’heure…en autant que et dès que le Québec et l’État de New York en feront autant.
Bon à savoir : vous devrez changer l’heure manuellement sur vos horloges et cadrans ‘mécaniques’, mais le tout se fera automatiquement sur vos appareils électroniques tels que téléphones, tablettes et ordinateurs. On suggère de profiter de l’occasion du changement d’heure pour changer les piles des avertisseurs de fumée et de monoxyde de carbone. On suggère également, pour prolonger la vie de votre matelas, de le pivoter de côté, de la tête au pied, afin de répartir les points de pression du corps sur toute la surface.
Un ‘hic’ cependant : de plus en plus d’études approfondies sur le cerveau humain tendent à démontrer qu’il y a une relation très étroite entre le sommeil et la santé du cerveau, que le changement d’heure a un effet néfaste sur le sommeil; elles prônent donc de conserver l’heure normale à l’année puisque notre corps a une horloge biologique de 24 heures et qu’elle régule les fonctions de l’organisme sur un horaire de 24 heures : tous nos systèmes (digestif, immunitaire, hormonal,…) en sont affectés. Éventuellement, notre corps s’adaptera, comme il le fait quand on voyage dans un fuseau horaire différent, mais il est en état de choc pendant un certain temps, deux fois par année.
Les spécialistes en maladies mentales affirment sans équivoque que les maladies mentales ont des cycles d’évolution liés aux saisons : au printemps, c’est le retour de la bonne humeur et du bien-être; il existe un lien évident entre troubles psychologiques, météo et saisonnalité : les troubles de dépression saisonnière (d’octobre à février en général) sont souvent dûs à un manque de lumière. Autrefois, l’équinoxe du printemps qui avait lieu le 21 mars était considéré comme le début de la nouvelle année : peu à peu, le soleil nous réchauffe, les journées s’allongent, l’air semble plus doux, plus propre. Au fil des siècles, le printemps est devenu la saison de l’espoir, de la transformation et du renouveau dans toutes les cultures et civilisations du monde entier. BIENVENUE PRINTEMPS, ON T’ATTENDAIT!
Des prix fous et des stocks en rupture! Le consommateur avisé a cependant des options, localement même…En voici quelques-unes.
La région qui regroupe Hawkesbury/Champlain/Grenville est très bien desservie par plusieurs choix de supermarchés d’alimentation: Independent, IGA, Freshco, Foodland, Walmart, Giant Tiger, sans compter quelques petites épiceries, boucheries, boulangeries, pharmacies ‘grande-surface’ et dépanneurs indépendants parseméssur ce même territoire. Le consommateur local a donc l’embarras du choix quand vient le temps d’aller ‘faire son marché’ hebdomadaire, d’autant plus que le Publisac local (dans lequel est inclus votre copie gratuite du Régional, distribué dans plus de 31,000 foyers de la région!) est disponible gratuitement et qu’il inclut chaque semaine les circulaires promotionnellesde presque tous ces grands magasins pour vous guider dans votre ‘pré-shopping’. Vous pouvez même vous abonner en-ligne à leur infolettre hebdomadaire (publisac.ca) et le faire en toute quiétude devant votre écran de choix. Saviez-vous que Publisac est un produit 100% recyclable, papier et plastique? C’est là une décision très sage et éclairée de cette compagnie qui distribue des millions de copies chaque semaine partout au Canada!
Revenons cependant à nos moutons : les PRIX! Le consommateur sérieux, perspicace, avisé, celui qui a développé de bonnes habitudes dans son magasinage, qui respecte ses choix (nécessités vs gâteries) et son budget, ne peut faire autrement que hocher la tête et être insulté par les prix souvent exorbitants de certaines denrées : passons la saga des fameux Rice Krispies dont la production a cessé pour cause de grève et qui se revendent en surenchère sur certains sites spécialisés à 50$ LA BOITE! Passons également la saga des milliers de poulets euthanasiés (800,000 dit-on) parce qu’ils étaient devenus trop gros (cause de grève prolongée) pour être transformés à la machinerie automatique sans la briser! Passons aussi la saga des porcs devenus obèses et prisonniers de leur stalles parce que les abattoirs en manque de bouchers ne suffisaient plus à la demande des producteurs, d’où sans doute le prix exorbitant du bacon! Passons finalement toutes les autres sagas qui ont eu un impact important sur la chaîne alimentaire, la disponibilité et le prix des produits : conteneurs, camionnage, météo, pandémie…
Quelles options sont disponibles pour permettre au consommateur d’économiser d’importants dollars et lui permettre de vivre à l’intérieur d’un budget ‘nourriture’ pré-déterminé et qui laisse peu d’espace aux augmentations impromptues? Faire un pré-magasinage à l’aide des circulaires et focaliser ses achats de base sur les produits en promotion : certaines économies peuvent être très significatives; les distances entre plusieurs de ces supermarchés étant minimes, considérer peut-être se rendre chez 2 ou 3 détaillants pour profiter des promotions de chacun et le faire dès le début de la promotion pour s’assurer que l’item soit en stock. Les plus zélés choisiront peut-être l’option du ‘couponnage’ où les plus expérimentés arrivent à acheter (presque voler!) certains produits pour des sommes ridicules et se bâtir un garde-manger inépuisable (de Rice Krispies par exemple!). D’autres utiliseront l’option coopérative : la petite entreprise de St-Isidore ‘Marché Full Bellies’, par exemple, offre ce service pour fruits et légumes qui sont vendus à prix (presque) coûtant. Finalement, ultime recours, les banques alimentaires locales : il s’en trouve une, souvent doublée d’une friperie, dans presque tous les villages de Prescott-Russell et d’Argenteuil.
Ces derniers temps, le taux d’inflation en alimentation se situe à 6.5%, et à 10% pour les viandes; les gens à salaire fixe, à revenu fixe ou à rente fixe qui ne sont pas sujets à une augmentation de salaire ou à un ajustement au coût de la vie sont de grands perdants. Ces nouveaux sommets atteints par l’inflation affectent toutes les personnes et compagnies impliquées, du producteur au transformateur à l’emballeur au transporteur et au détaillant : personne ne veut perdre dans le processus et y va de sa propre augmentation, qui devra être assumée par ceux qui sont au bas de cette pyramide, les consommateurs.
D’ailleurs, pour assainir et baliser les relations entre les supermarchés et leurs fournisseurs, les ministres de l’Agriculture de toutes les provinces et les membres de l’industrie planchent un code de conduite qu’on prévoit être prêt en avril 2022, un code qui sera cependant ‘volontaire’, mais qui devra répondre au défi de trouver un juste compromis, ‘a fair deal’ pour tous.
Quant au consommateur, qui fait un peu figure de ‘poisson’ dans cette saga, pour l’aider à résister aux tentations qui pourraient grever ou simplement crever son budget, les experts lui suggèrent quelques petits trucs, comme par exemple de ne jamais aller faire son épicerie LE VENTRE VIDE, de faire son épicerie LE MATIN pour profiter des rabais (surtout en viandes et fruits/légumes) et de la fraîcheur des stocks, de profiter des CARTES-FIDÉLITÉ offertes par certains détaillants qui permettent de récupérer des ristournes significatives. Certains ‘geeks’ suggèrent une alternative en-ligne: le site REEBEE.COM (disponible aussi en version française) que je vous laisse le plaisir d’aller découvrir! Bon shopping!
Coup de théâtre dans le parc industriel de Vankleek Hill le 28 février dernier : les actionnaires de la micro-brasserie locale BEAU’S ont voté en faveur d’une offre d’achat présentée par le concurrent STEAM WHISTLE BREWING, basé à Toronto. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre à travers la région dès que devenue officielle le 1ermars au matin, à l’heure des nouvelles du déjeuner,et tous sont restés bouche bée devant son énormité, ses conséquences directes et indirectes et ses retombées. De quoi mettre le café ou le déca de côté et s’offrir une bonne Lug Tread pour l’occasion : était-ceune occasion de célébration ou pour noyer sa peine? Les détails de l’entente intervenue entre BEAU’S et STEAM WHISTLE allaient nous en dire plus long.
Le duo père-fils de Tim et Steve Beauchesne, les co-fondateurs de la brasserie en 2006, avouent que l’impact de la pandémie a été cruel envers l’entreprise dont les revenus ont fondu de moitié presqu’instantanément; les 129 partenaires-propriétaires (dont plusieurs employés) ont dû faire face à un dilemmedéchirant : continuer à ‘vivoter’ et essayer de survivre en espérant des lendemains meilleurs ou considérer l’offre d’achat d’un concurrent, associée à l’assurance de sa survie; sans révéler la teneur de l’entente, autre que l’entreprise de Vankleek Hill allait continuer à opérer comme avant, mais que des changements pourraient éventuellement se produire, l’entente a été entérinée à 99%. Les deux micro-brasseries n’étaient pas étrangères l’une à l’autre : en novembre 2021, elles s’étaient déjà entendues pour former un partenariat de distribution et de vente à travers l’Ontario. On dit dans l’industrie brassicole que Steam Whistle est une compagnie qui possède un réseau de ventes et distribution très pro-actif dans le marché du sud de l’Ontario et que ses usines de production sont à l’avant-garde, deux facteurs qui bénéficieront sûrement à Beau’s. Greg Taylor, directeur exécutif chez Steam Whistle, affirmait au moment de la transaction que‘c’est avec une grande fierté que Beau’s est accueilli dans la ‘famille’, puisque dans plusieurs cas semblables, les micro-brasseries sont achetées par des compagnies internationales et y perdent leur identité; la fusion de Beau’s et Steam Whistle se fait entre deux partenaires qui ont une même vision de leur industrie et qui assureront que la propriété de l’entreprise regroupée demeure canadienne. Nous envisageons l’avenir avec beaucoup d’enthousiasme et un succès grandissant pan-canadien et même au-delà!’
Les deux micro-brasseries ont développé au cours des ans une ‘culture’ cousine : elles uniront leurs efforts dans la poursuite de leur implication respective dans des activités charitables et communautaires dont bénéficient plusieurs, que ce soit en milieu de santé, des arts, du sport. Chez Beau’s, l’esprit et l’implication communautaires et philanthropiques font partie de leurs gènes : depuis 2006, plus de $2 millions de dollars ont été recueillis et redistribués; son fameux Oktoberfest annuel, collecte de fonds principale de l’entreprise, attirait annuellement des milliers de personnes sur les terrains de la foire agricole! Aura-t-on à nouveau l’occasion d’entendre Steve Beauchesne crier ‘EINS! ZWEI! DREI! OKTOBERFEST IS WUNDERBAR!’ à l’ouverture d’un prochain festival? En 2022? 2023?
Il est à noter que la brasserie Beau’s a été primée à plus de 125 occasions depuis sa création pour ses produits, ses designs et son modèle d’affaires. Ses bières sont disponibles chez des fournisseurs majeurs comme BEER STORE, LCBO, SAQ, dépanneurs licenciés, ainsi que dans plusieurs établissements de restauration.
Here is an excerpt from Beau’s website: ‘Everything at Beau’s starts with a real love for craft beer. Our team is unrelentingly passionate about quality. We do our best to create inspired recipes that pay respect to the longstanding traditions of beer-making, and at the same time, bring you a truly delicious experience. We are super proud our beer!’ Allow Le Régional to be the voice of us all to say that we are proud to be associated with such a great enterprise as Beau’s and wish you well in yournew partnership. Steve and Jennifer Beauchesne have been appointed to the new subsidiary’s Board of Directors, joining three directors appointed by Steam Whistle. And we wish Tim Beauchesne a happy retirement. Let’s CHEERS! the Beauchesnes, Beau’s, Steam Whistle, ourselves and everyone on a nice cold Lug Tread!
De retour d’un congé pour soigner des problèmes de santé, c’est une Paula Assaly en belle forme et très en verve qui nous a accueilli à son bureau de l’hôtel de ville; nous avions convenu avec elle au départ des thèmes que nous aborderions et la conversation n’a en aucun temps débordé vers les affaires courantes de la municipalité. Rappelons que madame Assaly est devenue maire suite à l’élection municipale de 2018 après une victoire décisive sur les autres candidats au poste; cependant, les astres n’étaient pas très alignés en sa faveur puisque son mandat s’avérera pas mal ‘rock’n’roll’, sa vision et ses projets plombés par presque trois ans de situation pandémique.
LE RÉGIONAL : Bonjour Madame Assaly, il fait bon de vous revoir au travail et nous apprécions pouvoir vous rencontrer, si ce n’est que l’espace d’une toute petite heure parmi les quelque 60? 80? heures par semaine que vous consacrez à votre poste.
MADAME LE MAIRE : En effet, je ne compte plus les heures, ni les jours d’ailleurs; on a déjà fait un calcul sommaire du nombre d’heures/semaine et du nombre de jours/semaine que je consacre à mes tâches de maire par rapport au salaire payépar la municipalité et c’était équivalent à environ 12$ et quelques sous/ l’heure, soit SOUS le salaire minimum. Par contre, ce n’est là qu’un des facteurs : le fait d’être membre de multiples comités au niveau de la ville et des comtés, en sus de mes responsabilités quotidiennes à la mairie, font que la fatigue et le stress nous rattrapent tous et que l’adrénaline vient à manquer.
LE RÉGIONAL : Vous êtes avocate de carrière si je me réfère à votre profil professionnel, et maintenant retraitée; quelle a été votre motivation personnelle ou professionnelle à vous lancer dans l’arène politique municipale?
MADAME LE MAIRE : Si je fais un pas de recul, je n’avais aucune aspiration politique. Mais petit à petit, ce sont les citoyens et citoyennes qui m’ont approchée pour les représenter et encouragée à le faire. Lorsque j’ai réalisé que j’avais leur appui, je me suis lancée dans l’arène de la politique municipale.
LE RÉGIONAL : Est-ce qu’il s’agissait là d’un tremplin pour ensuite aspirer à l’arène provinciale ou fédérale?
MADAME LE MAIRE : Je ne me suis jamais penchée sur cette possibilité puisqu’il y a beaucoup trop à faire à Hawkesbury même et beaucoup de domaines où on peut certainement faire mieux.
LE RÉGIONAL : En politique municipale, il y a rarement de ‘partis’ formels, mais plutôt des équipes de gens qui ont une vision commune; est-ce un avantage, un désavantage?
MADAME LE MAIRE : J’admets ne pas avoir encore fait l’expérience d’une vision ‘commune’ au sein du Conseil de la Ville de Hawkesbury, ce qui me semble malheureux et qui constitue une problématique à corriger; toutefois, ce n’est pas une situation facile à régler puisque nous ne sommes pas tous ‘visionnaires’ ou n’avons pas nécessairement une vision ‘commune’, que celle-ci soit d’un avenir proche ou éloigné. On confond souvent les affaires courantes et les besoins de base quotidiens de la communauté avec sa vision. Malgré quelques tentatives d’établir un plan stratégique pour le terme de notre mandat et à mon insistance, cela n’a pas pu se concrétiser. On semble se contenter d’être en mode réactionnaire depuis des décennies et il devient donc très difficile d’être proactifs.
LE RÉGIONAL : Le groupe Leadership féminin Prescott-Russell a fait la manchette dernièrement, invitant un plus grand nombre de femmes à s’impliquer en politique de façon à atteindre une équité de représentation entre hommes et femmes. Croyez-vous que c’est un objectif réaliste de viser la parité?
MADAME LE MAIRE : Pour être logique, oui, tout à fait, puisque 52% de la population est constitué de femmes; est-ce réaliste? Je crois que oui, mais toutefois, ceci va prendre du temps puisque notre population vieillissante est composée de femmes qui proviennent de milieu où les hommes prenaient les décisions et qu’ils avaient donc plus de possibilités et de facilité à se faire élire. Est-ce désirable? Oui encore, puisque 52% de la population de femmes n’est pas adéquatement représenté. Les jeunes par exemple, ne sont plus représentés au Conseil depuis plusieurs années. Il est primordial de viser à la fois la parité des genres et une plus grande diversité parmi les dirigeants politiques pour garantir l’équilibre, l’équité et la justice.
LE RÉGIONAL : Pensez-vous que toutes les pressions exercées par les groupuscules de gauche, de droite et d’un peu partout peuvent faire hésiter des gens compétents à faire le saut?
MADAME LE MAIRE : Nous avons besoin des gens avec diverses compétences, expériences et une ouverture d’esprit. Les gens qui veulent du changement devraient sérieusement considérer offrir leurs services, sinon il n’y aura jamais de changements, ce sera toujours le même statut quo. Le premier mandat est souvent un mandat d’apprentissage, quelle qu’ait été son expérience préalable et il ne faut pas se laisser décourager par l’apprentissage de ses nouvelles tâches et des dossiers à régler. Il faut adopter l’approche du ‘petit pas’.
LE RÉGIONAL : Y a-t-il une femme-politicienne qui vous a servi de modèle, ou sinon, un politicien spécifique qui vous a inspirée?
MADAME LE MAIRE : Je dirais plutôt que plusieurs ‘personnes’ m’ont inspirée et m’ont servi de modèle, dont certaines femmes bien sûr!
LE RÉGIONAL : La misogynieexistera toujours, tout comme le sexisme, le racisme, la religion; étant la seule femme-maire aux Comtés unis, est-ce que la situation est ‘sereine’ pour vous parmi tant d’hommes?
MADAME LE MAIRE : Je vois avouer que mes relations avec tous les autres maires des municipalités des Comtés unis de Prescott-Russell, où je suis la seule femme d’ailleurs, ont toujours été très sereines et que ma contribution a toujours été traitée d’égale à égale, avec respect et ouverture d’esprit. Nous avons tous des préjugés, c’est dans la nature humaine; mais l’importance est d’en être conscient et de pouvoir, malgré tout, démontrer une authentique ouverture d’esprit.
LE RÉGIONAL : Croyez-vous que les citoyens/ennes de Hawkesbury peuvent se montrer satisfaits de vos réalisations des presque quatre dernières années, du bilan de votre administration, malgré les années difficiles de la pandémie qui ont sûrement freiné plusieurs projets?
MADAME LE MAIRE : Avec la Covid, la sécurité des gens étaient la priorité première de la municipalité. La province donnait ses directives aux municipalités, lesquelles en retour devaient s’assurer que les officiers de règlements voient au respect de ces directives par la population. Puisque celles-ci changeaient de semaine en semaine, nous étions donc tous dans un mode réactionnaire, toujours sur le qui-vive, en attente des prochaines directives, ce qui a créé beaucoup d’anxiété et parfois de confusion chez les responsables municipaux et les citoyens. Au cours de la première année de mon mandat, mon propre apprentissage était d’autant plus chargé que je me suis retrouvée sans adjointe administrative, une nécessité absolue.
Au fur et à mesure que je suis devenue plus confortable dans mon poste, plusieurs dossiers importants ont requis notre attention et nos efforts : le lancement de S.O.S. Habitation, qui reconnait le manque de logement de tous genres à Hawkesbury incluant les logements abordables, le projet de ‘Communauté francophone accueillante’ dans lequel le ministère de l’Immigration a octroyé et investi plus d’un million de dollars localement et se poursuit encore durant 2022, une initiative a vu naître plusieurs partenariats avec les industries, les maisons d’affaires et les organismes locaux. Plusieurs importants projets d’infrastructure ont également dû être adressés, tel que le mur de soutènement du ruisseau Mill à l’intersection des rues Main et McGill, les travaux de finition à l’intersection des rues Cameron et Main, des investissements très significatifs de plusieurs millions de dollars dans la rénovation de l’usine de traitement d’eau. Le budget 2022 a été adopté en décembre dernier, ce qui nous permettra de faire des économies substantielles lors de nos prochains appels d’offres et demandes de subventions.
LE RÉGIONAL : Quelle est votre plus grande satisfaction? Votre plus grande déception? Votre plus grand regret?
MADAME LE MAIRE : Mes plus grandes satisfactions? Sûrement l’adoption du budget en décembre dernier, ce qui a tout de même demandé trois ans pour se concrétiser; réaliser que des promoteurs sont intéressés à assumer la construction de logements de tous genres dans notre ville, une nécessité fondamentale à notre croissance; notre nomination de Communauté francophone accueillante qui viendra pallier, nous l’espérons, notre manque de main-d’œuvre spécialisée; notre rattrapage, petit à petit, au niveau technologique et au niveau bureaucratique, suite à des années de retards et de négligence. Ma plus grande déception? Définitivement d’avoir dû annuler et remettre plusieurs projets et activités en raison des conséquences et des restrictions de la pandémie; que le Conseil refuse de se pencher sur une plateforme touristique qui constituait un élément important de ma vision et de son programme fut un coup dur à encaisser. Mon plus grand regret? De n’avoir pu interagir librement et personnellement avec les citoyens, citoyennes et électeurs de Hawkesbury en raison des restrictions sanitaires et de constater le niveau de stress chez chacun et chacune.
LE RÉGIONAL : Merci de votre participation madame le Maire, d’avoir partagé votre propre vision du passé, du présent et de l’avenir de Hawkesbury avec nos lecteurs. Impossible cependant de vous quitter sans oser une dernière question : est-ce que vous planifiez être candidate pour un deuxième mandat à la mairie?
MADAME LE MAIRE : Absolument! Le travail est loin d’être fini : plusieurs projets de grande importance pour l’avenir de la ville sont en jeu ou en cours de réalisation et je considère qu’un deuxième mandat nous permettra de rattraper le temps perdu! Je souhaite une représentation plus diversifiée et proportionnelle au sein du Conseil, homme/femme, jeunes candidats/aînés, des gens ayant diverses connaissances, compétences et expériences avec lesquellesnous pourrons envisager et construire le Hawkesbury des prochaines années, des gens de vision quoi!
L’Ontario compte environ 1900 optométristes, répartis également entre hommes et femmes; la ville de Hawkesbury à elle seule en dénombre une dizaine répartis dans trois cliniques de services. Ces optométristes font partie de l’Ordre des optométristes de l’Ontario qui est l’organisme réglementant leur profession pour assurer un service public de qualité; ils sont également membres de l’Association des optométristes de l’Ontario qui est responsable des négociations avec le Ministère de la santé de l’Ontario.
C’est l’organisme Assurance santé de l’Ontario (OHIP) qui assume les frais médicaux de base pour ses citoyens, incluant un examen annuel de la vue; les frais de lunettes, verres de contact et chirurgie au laser sont toutefois exclus.
Au cours des dernières années, l’Association des optométristes et le Ministère de la santé se livraient à un bras de fer quant à la rémunération de ses membres qui plafonnait à une compensation de 45$ par examen, alors que certaines provinces voisines paient le double ou même le triple (Québec : 106.90$, Alberta : 137$). L’Association réclamait un taux de 80$ par examen et a entrepris ‘grève du zèle’, soit des coupures de services à certains groupes ciblés jusqu’à ce que le Ministère de la santé accepte de revenir à la table de négociations et soit ouvert à une résolution agréable aux deux parties. C’est ainsi que les services aux clients de 19 ans et moins et 65 ans et plus ont été suspendus ou remis, les services aux 20-64 avec condition médicale qui nécessitentun suivi régulier, ainsi que les services aux gens qui sont référés pour problèmes médicaux connexes.
Le 22 novembre dernier, les deux organismes ont convenu de revenir à la table de négociations et essayer de dénouer l’impasse; en signe de bonne foi, l’Association des optométristes a proposé à ses membres de reprendre un service régulier pour toutes les catégories de clients du système de santé public régi par OHIP, ce qu’ils ont accepté de faire. Le rattrapage est en cours depuis et suit son cours, les négociations entre les deux parties également. En date de février 2022, rien de nouveau à signaler.
L’année 2021 célébrait le100e anniversaire de l’élection d’une première femme à la Chambre des communes à Ottawa, élection qui marquait aussi la première élection fédérale où les femmes exprimaient leur droit de vote : en effet, Agnes Macphail, candidate du parti conservateur, était élue députée dans la circonscription rurale ontarienne de Grey Southeast le 6 décembre 1921; elle allait faire sa marque en championnant la réforme du système carcéral ainsi que les droits des fermiers. L’audace de pionnière de madame Macphail démontre les embûches sociales et les barrières personnelles et familiales de toutes sortes que les femmes ont euà surmonter pour faire leur place dans le milieu politique. Parce jusqu’alors, la politique était un monde dominé par les hommes, ‘an old boys’ club’,dont les avantages en termes d’éducation, de contacts sociaux, professionnels et financiers étaient presqu’insurmontables et impossibles à pénétrer pour une femme.
Dans les années 1960, la proportion de femmes était encore sous la barre de 5%, une proportion qui frise maintenant 30% suite à la dernière élection fédérale avec 103 des 338 sièges occupés par des femmes. Pour les femmes issues des Premières nations, l’attente fut encore plus longue : en 1960, elles ont obtenu deux droits fondamentaux : celui de quitter la réserve et celui de voter; ce n’est qu’en 1988 qu’une candidate des Premières nations fut élue, Ethel Blondin-Andrew, candidate libérale d’un comté des Territoires du Nord-Ouest (aujourd’hui Nunavut); d’autres ont poursuivi la lancée et se sont faites une réputation enviable, que ce soit en politique fédérale, provinciale ou municipale: Kim Campbell, Sheila Copps, Rona Ambrose, Chrystia Freeland, Kathleen Wynne, Pauline Marois, Valérie Plante et plusieurs autres les ont rejointesdans ce groupe depuis et les suivront. Cette ouverture des partis politiques à la ‘femme politique’ a largement contribué à vaincre la misogynie systémique qui semble persister dans nos sociétés modernes et leurs institutions publiques.
Un récent article du Journal de Montréal faisait la nomenclature des combats que les femmes canadiennes ont dû livrer au cours des années 1900 pour faire reconnaitre certains droits fondamentaux : droit de vote au Québec (1940), devenir députée (1941), premières à faire la grève (1919), à fonder un syndicat (1937), droit à un congé de maternité (1979), à l’équité salariale (1996), le droit de s’instruire et faire des études supérieures, le droit à l’allocation familiale (1945), le droit d’invoquer que l’adultère n’est plus un prérequis à l’obtention d’un divorce (1968), le droit de garder son nom et de le transmettre à ses enfants (1981), l’accès à la pilule anticonceptionnelle (1960) et le droit à l’avortement (1989). Ouf! Elles en ont fait du chemin nos mères et nos grands-mères et nous devons rendre hommage à leur ‘guts’, leur détermination! En rétrospective et en considérant tous ces ‘gains’, comment, pauvres hommes que nous sommes et analysant froidement la presque parité d’aujourd’hui, avons-nous pu accepter ces situations? Absolument inconcevable.
Plus près de chez nous dans Prescott-Russell, l’organisation non partisane Leadership féminin Prescott-Russell s’est donnée comme mission de convaincre plus de femmes à tenter leur chance en politique municipale, de leur offrir la formation nécessaire pour s’y sentir confortable et compétente. On y note des statistiques intéressantes : les Comtés Unis comptent huit municipalités dont la répartition de la population compte 51% de femmes; par contre, elles ne représentent que 21% des conseillers/ères élus/es, soit onze femmes par rapport à 41 hommes, dont une seule élue mairesse, madame Paula Assaly, avec laquelle nous aurons un tête-à-tête dans notre prochaine chronique.
Entretemps, considérant que l’automne 2022 sera un temps d’élections aux niveaux provincial et municipal (peut-être même fédéral vu la volatilité de la situation actuelle), il faut planifier, se préparer à l’éventualité. En Ontario, le projet de loi81 section H, a été adopté par l’Assemblée législative de l’Ontario en 2006 régissant les élections municipales : celles-ci doivent se tenir chaque quatre ans, le quatrième lundi d’octobre (en 2022, le 24 octobre). Ont droit de vote les citoyens canadiens âgés de 18 ans et plus, propriétaire ou locataire résidentd’une municipalité ainsi que son/sa conjoint/e, qui est/sont dûment enregistré/s sur la liste officielle des ayants droit de vote.
CANDIDATS/TES RECHERCHÉS/ÉES! Pour se porter candidat/e, voici les critères à respecter : être résident/e ou non-résident/e propriétaire ou conjoint/e de ci-devant; être citoyen/ne canadien/ne âgé/e de 18 ans et plus; ne pas avoir perdu son droit de vote ou avoir été disqualifié/e de tenir un poste public, obtenir 25 signatures de gens qui appuient votre nomination et payer un frais forfaitaire de 100$ (200$ pour une candidature à la mairie). Les nominations s’ouvrent dès le 1ermai pour se clore le 4e vendredi de juillet. Un cours préparatoire en ligne est offert par l’Association des municipalités de l’Ontario aux candidats/tes potentiels/les : ‘So you want to run for Council?’au coût de 24,95$.
À l’enjeu dans Prescott-Russell : tous les postes de maire/mairesse, de conseillers/ères municipaux et scolaires de toutes les municipalités, un poste de député/e provincial/e à Toronto. À qui la ‘chance’? Intéressé/e? Intrigué/e? Pour changer les choses, il faut oser s’engager. Au décompte initial des votes, tout le monde est à ZÉRO : à toi de nous convaincre, de nous avoir convaincu et d’avoir obtenu le plus de votes au décompte final! Bon succès!