jeudi, décembre 2, 2021
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Sauvé des eaux par deux citoyens, il les remercie publiquement

Une fenêtre de chambre à coucher entre-ouverte, une dame un peu curieuse et un homme très alerte, voilà trois éléments très importants qui ont contribué au sauvetage in extremis de Dérick Dobson d’une noyade certaine. Tombé dans la rivière des Outaouais, le jeune homme peut remercier sa bonne étoile d’être encore en vie. Le 4 juin dernier, il en a profité pour remercier ceux qui l’ont tiré de ce mauvais pas.

La journée du 24 mai dernier a drôlement débuté pour Christelle Soler et Dominique St-Jacques, résidents de Grenville. « Vers 6h15, je fus éveillée par un bruit bizarre qui me semblait être celui d’une tondeuse à gazon, raconte madame Soler encore toute émue. Piquée au vif et fâchée d’entendre un tel bruit si tôt le matin, je me suis dirigée vers le balcon où je pouvais entendre un cri incohérent qui sonnait à mes oreilles comme : ‘Arrête, Arrête’, mais j’ai vite réalisé que ce cri en était un de détresse qui était plutôt : ‘À l’aide, À l’aide’.»

Et ce fameux bruit de tondeuse était en fait celui d’un moteur hors-bord qui propulsait la chaloupe de Dérick Dobson, un résident de Hawkesbury, âgé de 33 ans.

Chronologie des événements


Parti tôt le matin pour rejoindre des amis pour entreprendre une journée de pêche sur la rivière des Outaouais, une journée de plein-air que Dérick dit avoir bien planifiée, la situation a vite tourné au cauchemar.

« Je suis parti du quai de la rue Philippe de Hawkesbury vers 6h du matin en direction de Grenville, lorsque presqu’arrivé à destination, une vague sournoise venue de nulle part m’a projeté hors de mon embarcation, se rappelle très bien Dérick. Saisi par une eau très froide de 8 ºC seulement et sous le choc immédiat, je réalise que je suis complètement à la merci d’une rivière très hostile et non-amicale. »

« En tombant, j’ai bien voulu agripper ma veste de secours, mais en vain, poursuit-il. Ma réaction immédiate fut de me rapprocher de la chaloupe qui tournait en rond, mais j’ai vite abandonné cette idée de peur d’être frappé par celle-ci. En peu de temps, tout mon corps fut saisi au vif d’une froideur intense, et voyant la rive à environ 100 pieds (30 mètres), j’ai pensé que si je pouvais contrôler mes énergies, rester calme et sans trop paniquer, je pourrai nager cette distance sans problèmes.»

Se mettant à nager, il réalise vite que la situation ne faisait qu’empirer. « J’ai réussi à larguer mes bottines, car mes vêtements devenus très lourds m’entraînaient vers le fond, ce qui rendait ma tâche de rester à flot de plus en plus difficile. En quelques minutes j’aurais pu nager cette distance sans trop de difficulté », pensait-il avec assurance. Mais cette assurance s’est vite dissipée pour soudainement en devenir une de crainte, de frayeur et d’angoisse.

Le temps s’écoule très vite

La situation devenait de plus en plus intenable pour le jeune homme. « Tout en nageant, je réalise que l’eau sur mon corps est glaciale et que ma lutte pour sauver ma peau devient de plus en plus difficile, dit-il d’un ton émotif. C’est à ce moment que j’ai également commencé à crier à l’aide de toutes mes forces en espérant que quelqu’un puisse m’entendre. Mais à chaque cri de désespoir que je poussais, je coulais sous l’eau et cette manœuvre devint de plus en plus difficile, manœuvre que j’ai répétée pendant une trentaine de minutes. Mes poumons n’en pouvaient plus, mes verres de contact affectaient ma vue et mon orientation, ce qui compliquait beaucoup mes efforts de survie. »

Malgré ses efforts, un constat terrible commence à prendre forme dans l’esprit de Dérick: « J’étais complètement vidé et je me suis rendu à l’évidence et pour quelques secondes, j’ai pensé que c’était pour moi probablement la fin. Si personne ne vient à ma rescousse, je suis résigné à y laisser ma vie.»

Pris de panique, il a une pensée pour sa sœur et ses enfants et se dit qu’il ne doit pas les abandonner, ce qui lui donna un regain de vie. « Il était hors de question que je ne puisse pas les revoir et  les voir grandir, donc j’ai repris mes esprits et réussi à redoubler d’ardeur pour continuer à nager et à crier », se rappelle Dérick.

Une main providentielle

Suite aux cris d’alarme entendus par Christelle et Dominique, en vitesse, tous les deux se sont rendus à leur quai situé sur le Canal de Grenville où, heureusement, Dominique avait mis leurs deux Sea-Doos à l’eau la journée précédente. Pressé par l’urgence, Dominique a navigué hors du canal pour se diriger vers le naufragé.

Durant ce temps de frénésie intense, des amis ont composé le 911, et à 6h55 exactement, le chef pompier de Grenville, Stéphane Aubry a immédiatement dépêché l’équipe d’urgence nautique, et les ambulanciers sont arrivés sur place quelques minutes après.
« Au moment où je croyais ne plus avoir aucune goutte d’énergie, de dire Dérick, où je coulais à pic de plus en plus, j’ai entendu le bruit d’un moteur venant non loin de moi. J’étais à bout de souffle et d’énergie et je sombrais continuellement. »

« M’approchant en toute vitesse, de raconter pour sa part Dominique, j’aperçus le bout d’une main qui grouillait fébrilement et à peine visible. Sans paniquer, j’ai agrippé cette main refroidie et presque sans vie, et j’ai réussi à le sortir de l’eau, pour ensuite le coucher en travers du siège tout juste devant moi ».

Il poursuit : « Devant un corps inanimé et complètement gelé, je lui ai crié de toutes mes forces : ‘Hey mon ami, veux-tu vivre?’ Sans réponse immédiate j’ai répété ma question de plus en plus fort et soudainement, Dérick m’a répondu d’un ton affaibli et léthargique : ‘Oui, je veux’. ‘Alors mon copain’, j’ai ajouté, ‘si tu veux vivre, agrippe-toi bien!’ et en toute vitesse, je me suis vite rendu sur la grève, où Christelle nous attendait avec des couvertures chaudes. »

Dérick fut déhabillé, asséché et enveloppé de couvertures sèches afin de le réchauffer, le rassurer et stabiliser ses émotions. En quelques minutes, les ambulanciers ont pris la relève, lui prodiguant les premiers soins pour ensuite se diriger vers l’Hôpital général de Hawkesbury, où Dérick a reçu les soins d’urgence requis pour traiter son hypothermie et un choc nerveux.

« Même si mes reins ont été affectés par cette expérience dramatique, les médecins ont bon espoir que tout reviendra à la normale bientôt, de dire Dérick. Grâce à Christelle Soler et Dominique St-Jacques, je suis encore en vie aujourd’hui.» Dérick a tenu à les remercier publiquement le 4 juin dernier, en compagnie de toute sa famille, de l’équipe de sauveteurs de la caserne de Grenville et des ambulanciers. Christelle et Dominique se sont vu remettre une plaque commémorative de la part de Dérick, avec comme citation : « Leurs actions posées ont pu empêcher la noyade d’un homme. Votre geste héroïque restera pour toujours gravé dans nos mémoires ».

Une leçon de vie

Malgré cette mésaventure où Dérick aurait bien pu bien y laisser sa peau, il tient à passer un message très important en début de la saison estivale et nautique. « Je désire sensibiliser tous les gens de l’importance de porter votre gilet de sauvetage en tout temps lorsque vous naviguez sur un cours d’eau, lance-t-il. Soyez assuré que plus jamais je n’embarquerai sur un bateau sans porter le mien. J’espère que mon expérience vécue servira d’exemple à plusieurs d’entre vous qui vous rappellera de l’importance de porter une veste de sauvetage à chaque fois que vous montez à bord d’une chaloupe ou d’un bateau de plaisance. »

Comme on entend dire si souvent : « Ceci n’arrive qu’aux autres », pour Dérick Dobson, c’est arrivé à lui. Il dit avoir appris sa leçon et qu’en ce jour, il sait exactement ce que ces « autres » peuvent vivre et que jamais il n’aurait pensé qu’un tel incident surviendrait lorsqu’il s’est aventuré sur la rivière ce 24 mai dernier.

Les gilets de sauvetage sauvent des vies, mais cette fois-ci Dérick fut très chanceux que ses gilets de sauvetage se nommaient Christelle et Dominique, deux simples citoyens de la municipalité de Grenville transformés en héros dont il leur doit une fière chandelle.

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