mardi, juin 22, 2021
LACHUTE Météo
HAWKESBURY Météo

31 143 copies chaque semaine

Derniers articles

En pleine canicule, St-André a manqué d’eau

Francis Legault
Courriel/Email: leregional@gmail.com

Alors que le Québec vit sa première canicule de l’année, les citoyens de St-André-d’Argenteuil connectés au réseau d’aqueduc local ont manqué d’eau pendant près d’une douzaine d’heures à partir de la soirée du 6 juin jusqu’au lendemain matin. Selon le maire Marc-Olivier Labelle, c’est une combinaison de facteurs qui a contribué à cette situation et diverses solutions seraient à l’étude pour éviter que cela ne se reproduise.

Vers 19h30 le 6 juin, le réservoir d’eau potable de la municipalité s’est retrouvé presque vide. En conséquence, le poste de surpression, qui ajoute de la pression dans le réseau d’aqueduc, s’est arrêté. Rapidement, la municipalité a acheté des citernes d’eau d’une entreprise en plus de voir ses pompiers et ceux de Lachute transporter de l’eau à partir de la station d’eau potable de Lachute afin de remplir le réservoir. Le temps d’avoir une quantité assez importante dans le réservoir, d’évacuer l’air accumulé dans le système d’aqueduc et de repartir les pompes du poste de surpression, la situation n’est revenue à la normale qu’en début de matinée lundi.

Mais qu’est-ce qui explique que St-André-d’Argenteuil a manqué d’eau? Rappelons que la municipalité s’approvisionne à partir de deux puits situés dans le secteur du Coteau-des-Hêtres-Sud. Cette eau est acheminée vers un réservoir souterrain de 980 000 gallons dont la capacité utile est en fait de 680 000 gallons (une quantité d’eau reste continuellement dans le fond pour accueillir les sédiments tandis qu’au sommet, des ouvertures anti-débordement empêchent le réservoir d’être trop rempli). Ensuite, par gravité, celle-ci descend vers le poste de surpression qui la pousse dans les canalisations du réseau d’aqueduc.

Selon le maire de la municipalité, le Québec vit une période anormalement sèche pour un début de mois de juin, le niveau de la rivière du Nord s’apparentant plus à celui que l’on observe vers la fin juillet. Combinée à la fonte rapide des neiges et une forte consommation par les citoyens, cela a fait en sorte que la nappe phréatique n’aurait pu se recharger complètement.

«On a vu des consommations de pointe assez élevée que l’on a quand même vu réduite à partir du moment où on a commencé à faire des appels pour réduire celle-ci, note le maire Labelle. Cette fin de semaine, on n’a pas vu de consommation extraordinaire mais je crois que c’est l’accumulation de plusieurs journées de grande consommation qui a causé la situation de dimanche soir.»

Quelles solutions?

Que pourrait alors faire la municipalité pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise? La solution évidente est de trouver une nouvelle source d’approvisionnement, que ce soit par l’ajout d’un nouveau puits sur le site, le forage d’un puits ailleurs dans la municipalité (la municipalité étudie présentement la faisabilité près du poste de surpression) ou bien l’agrandissement d’un puits existant.

Mais il y a un autre aspect à ce problème: la consommation des résidents. Selon Marc-Olivier Labelle, les puits actuels devraient théoriquement être capables de fournir de l’eau à plus de 700 adresses alors qu’il n’y en a actuellement que 611 qui sont connectées au réseau d’aqueduc de la municipalité. Le 5 juin, en 24 heures, 215 000 gallons d’eau ont été consommés, soit environ 352 gallons par résidence; dans les jours précédents, des pointes variant entre 298 000 et 303 000 gallons auraient été observées. La moyenne provinciale pour des municipalités semblables à celle de St-André-d’Argenteuil serait entre 270 et 275 gallons par adresse par jour.

«La consommation est impressionnante par résidence, indique le maire Labelle. Je considère que c’est trop élevé. Pourtant, on a fait beaucoup de publicité incitant les gens à réduire leur consommation: la recharge de la nappe phréatique, peu importe qui est au pouvoir, on ne peut rien faire là-dessus. Il faut travailler en équipe pour réduire notre consommation d’eau à des fins essentielles.»

Le maire confirme que la municipalité est en train de faire des vérifications pour connaître la quantité d’eau exacte qui sort de ses puits, qui sort du réservoir et celle qui atteint le poste de surpression. Ces vérifications permettraient de savoir s’il y a des fuites dans le système.

En attendant, des mesures temporaires seront mises en place, dont l’ajout d’une pompe dans l’un des puits pour augmenter la quantité d’eau qui en sort.

Avis d’ébullition et eau embouteillée

Monsieur Labelle tient à préciser que l’avis d’ébullition qui a été émis suite au manque d’eau est normal compte tenu des circonstances. Cependant, cet avis ne serait pas du même acabit que les nombreux autres avis d’ébullition auxquels les citoyens de la municipalité ont été habitués au fil des ans selon le maire: ces derniers réfèrent plutôt à la qualité de l’eau.

Quant à la possible fourniture d’eau embouteillée aux citoyens par la municipalité lors d’avis d’ébullition en raison de la qualité de l’eau, le maire exclut cette idée, arguant que même s’ils doivent la faire bouillir, les résidents ont quand même accès à de l’eau. Cependant, en cas de pénurie d’eau prolongée, la municipalité pourrait en fournir, dit-il.

Le maire conclut qu’environ 40 000$ ont été dépensés au total au cours de la présente année par la municipalité dans le dossier de l’eau potable, que ce soit pour des études sur l’approvisionnement ou pour l’achat d’eau lors de la situation de dimanche.

Latest Posts

Articles les plus consultés

Don't Miss