mardi, juin 22, 2021
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Tricentris veut tripler sa production de poudre de verre

Francis Legault
Courriel/Email: leregional@gmail.com

Le député fédéral d’Argenteuil-La Petite-Nation, Stéphane Lauzon, a annoncé le 5 mars dernier que le centre de tri Tricentris de Lachute allait recevoir une contribution financière de 300 000$ remboursable pour son usine de micronisation de verre. Tricentris espère ainsi pouvoir tripler la cadence de production de ce produit d’ici le début de l’été.

Il y a près de sept ans que l’usine de micronisation de verre de Tricentris est en activité. Située à côté du centre de tri lachutois, celle-ci prend le verre issu de la collecte sélective des centres de tri de Tricentris de Lachute, Gatineau et Terrebonne pour la transformer en poudre. Celle-ci sert alors d’ajout cimentaire au béton sous le nom de Verrox.

L’annonce du 5 mars dernier, faite par le député Lauzon au nom de Mélanie Joly, ministre fédérale du Développement économique, et qui était accompagné par Pablo Rodriguez, lieutenant pour le Québec du gouvernement Trudeau, consiste à un appui financier remboursable de 300 000$ à Tricentris pour augmenter la production de poudre de verre. Un nouveau broyeur à billes et ses équipements périphériques seront ainsi installés. Trois nouveaux emplois seront créés selon l’entreprise.

«Ça va nous permettre de sécuriser des contrats que l’on a en approvisionnement en poudre de verre, explique le directeur général de Tricentris, Frédéric Potvin. Ça va aussi nous permettre de tripler notre cadence horaire de fabrication de poudre de verre. Actuellement, on fait 1,2 tonne à l’heure et on va pouvoir passer à 3,3 tonnes à l’heure avec ce nouvel équipement. On va être l’entreprise qui en fabrique le plus à l’heure dans le monde.»

Il est à noter qu’il faut environ 2000 contenants de verre pour faire une tonne de Verrox.

Parmi les contrats qui seront sécurisés grâce à cet investissement, on retrouve celui qui a été annoncé en mars 2019 avec l’entreprise québécoise Silicycle. Cette entente de 100 millions $ sur 20 ans verra Tricentris fournir pas moins de 30 000 tonnes de poudre de verre par année à Silicycle. Cette dernière doit investir 15 millions $ pour construire une usine à Lachute afin de produire de la silice, ou dioxyde de silicium (SiO₂), à partir de la poudre fournie par Tricentris. Les applications de la silice sont des plus variées, allant de la fabrication des pneus aux panneaux solaires en passant aux produits d’hygiène (comme les dentifrices) et aux utilisations dans l’industrie alimentaire. Bien sûr, la silice entre aussi dans la fabrication du verre.

Matériau d’avenir

Cela fait près de 25 ans que Tricentris existe. Aujourd’hui, 204 municipalités du Québec sont membres de cet organisme à but non-lucratif dont le siège social est à Lachute.

«Au-delà du tri, nous avons toujours préféré le rôle d’acteur à celui de spectateur. C’est pourquoi nous nous sommes lancés dans la transformation du verre avec l’ouverture de notre usine de micronisation en 2013, une première en son genre en Amérique du Nord, rappelle le président de Tricentris et maire de Lachute, Carl Péloquin. L’ajout cimentaire Verrox est la seule provenant de verre post-consommation de la collecte sélective.»

Selon lui, le Verrox permet une augmentation de l’ouvrabilité (étalement des coulis) du béton auquel il est ajouté et ajoute à son imperméabilité ainsi qu’à sa résistance à la compression. Monsieur Péloquin annonce d’ailleurs que la Ville de Lachute songe à utiliser le Verrox dans le projet de sa nouvelle bibliothèque et qu’éventuellement, les plans et devis pour la construction de trottoirs ou de bordures le long des rues de la ville pourraient inclure ce produit.

Outre comme ajout cimentaire, le Verrox peut aussi être utilisé pour la fabrication de verre cellulaire, un produit qui peut remplacer le styromousse comme isolant dans des bâtiments.

Quant au projet de Silicycle, celui-ci a pris du retard en raison de la Covid-19. «Il y a eu un ralentissement [du projet] en raison de la pandémie, confirme monsieur Péloquin. Mais leurs études sont complétées bien que l’on n’ait pas d’échéancier précis. C’est un projet qui est toujours sur les rails et on en attend des nouvelles sous peu.»

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